mardi 16 janvier 2018

Au fond de l'eau

HISTOIRE

Julia doit retourner dans le village de son enfance car sa sœur a été retrouvée morte, dans des circonstances mystérieuses. Elle doit s'occuper de sa nièce, Lena, et prendre aussi la maison en charge.
Cependant, elle va s'apercevoir que les habitants ont bien des choses à cacher. Et tous les secrets semblent converger vers la rivière qui traverse le village.

CRITIQUE

La fille du train était une lecture mitigée. Je voulais malgré tout donner une deuxième chance à Paula Hawkins avec Au fond de l'eau.
Et je me demande vraiment si je vais retenter l'aventure, parce que, là encore, ça n'a pas été une lecture brillante.

Après le train, la rivière ! Cette dernière est l'élément principal de l'intrigue, car dans le village où Julia se rend, plusieurs femmes ont été retrouvées noyées, dont sa sœur. Julia va donc tenter de s'occuper de ses affaires et de Lena, sa nièce de quinze/seize ans, en pleine crise d'adolescence. Mais comme tout village qui se respecte, chacun semble porter un lourd secret. Un secret qui concerne de près ou de loin la rivière...

Avec un tel pitch, je me suis dis que ce serait intéressant de suivre l'enquête et de découvrir peu à peu les fameux secrets et le mystère planant autour de la rivière. Car on sent qu'il y a des histoires sordides autour de ce point d'eau, objet de crainte et de fascination à la fois.

Et qu'est-ce que je me suis trompée !!!

Dès le début, j'ai trouvé l'ensemble très confus. En cause : la narration.
L'auteure nous abreuve de chapitres dont la narration est la plupart du temps à la première personne du singulier. Certes, les noms des chapitres commencent par les prénoms des personnages, mais cela donne malgré tout l'impression que tout est flou.
On ne sait pas qui est qui, qui occupe tel poste au sein du village, le rôle de chacun, etc. Et pendant les soixante premières pages, c'est ce que j'ai ressenti. Après, c'est mieux passé et j'arrivais à m'y retrouver.
Mais à chaque fois que je reprenais le livre après une pause, j'avais du mal à me resituer par rapport aux personnages. Il me fallait toujours un temps d'adaptation avant de me rappeler les rôles de chacun.
Je trouve que faire parler presque tous les protagonistes à la première personne n'est pas vraiment une bonne idée ; il aurait fallu leur donner une narration à la troisième personne, pour pouvoir mieux s'y retrouver. C'est du moins l'impression que j'ai eue.

Pourtant, l'ambiance en elle-même est mieux travaillée que dans La fille du train. On sent un vrai malaise au sein de cette communauté. Tout tourne autour de cette fameuse rivière où les morts suspectes se multiplient. Entre les non-dits et les secrets dissimulés, y a quand même un énorme suspens qui se maintient pendant la première moitié du récit.

Et puis, passé la deuxième, j'ai tout de suite compris où l'auteure voulait m'emmener. De fait, j'avais deviné le gros point de l'histoire, avant d'arriver à la fin. C'est dommage parce que la première moitié me plaisait malgré le sentiment de confusion qui régnait ; je voulais vraiment savoir ce qui allait se passer.
Et la deuxième gâche un peu l'ensemble, à cause de ces révélations qui, à mes yeux, n'en sont pas vraiment. Comme pour La fille du train, Paula Hawkins ne brouille pas suffisamment les pistes, alors que c'est précisément l'intérêt de ce genre d'ouvrages.

Et puisqu'on parle de la deuxième moitié, je trouve que la fin n'en n'est pas une. Pour moi, Au fond de l'eau est un roman inachevé. Il manque une grosse partie du récit, qui prend quand même pas mal de place dans ces 400 pages. Et finalement, on les balance à la corbeille comme si de rien n'était !
Non, je ne suis pas d'accord. Et franchement, payer vingt balles pour un roman qui, toujours à mes yeux, n'est pas fini, ça me mets en rogne !

L'autre gros souci du livre, ce sont les personnages.
C'est bien simple : je ne me suis attachée à aucun d'entre eux.
Que ce soit Julia, archi fade (et c'est quoi ce délire de vouloir être appelée Jules ?!), Sean le flic qui semble constamment dopé à l'héroïne (même si son comportement s'explique, surtout vers la fin) ou encore Nikki, une espèce de pseudo-sorcière, adepte des arnaques, aucun ne m'a plu.
A la limite, Lena est encore celle qui tire le plus son épingle du jeu, mais pas vraiment dans le bon sens. Elle fait à un moment donné un mauvais choix, qui va la pousser vers un chemin que je n'ai pas apprécié du tout. Bon, elle finit par se révéler progressivement, mais franchement, c'était pas non plus la panacée.

Je dirais pas que le style de Paula Hawkins est addictif, mais elle a su instaurer une ambiance sombre et glauque, même si elle n'a pas su distiller le suspens correctement. Non pas que le roman soit difficile à lire, mais je m'attendais à être davantage transportée.

Décidément, entre cette auteure et moi, le courant ne passe pas. J'ai l'impression qu'elle a un mal de chien à proposer des personnages attachants et à placer le suspens là où il faut. Mais surtout, les révélations déjà devinées à l'avance, le choix de la narration pas judicieux et les personnages auront fait que cette lecture a été très moyenne dans l'ensemble.

lundi 15 janvier 2018

Le Cimetière des Livres Oubliés, tome 1 : L'Ombre du Vent

HISTOIRE

A dix ans, Daniel est emmené par son père dans un endroit étrange : le Cimetière des Livres Oubliés. Là, le petit garçon choisit un livre (ou le livre le choisit) qui va changer sa vie : L'Ombre du Vent de Julian Carax.
Intrigué par l'auteur dont il ne reste pratiquement aucune information, il va se lancer dans une quête éperdue, au cœur de Barcelone, pour percer le mystère Carax et, parallèlement, trouver un sens à son existence.

CRITIQUE

J'ai lu ce roman des années auparavant, grâce à un devoir que je devais remplir pour l'école. Et je me souviens avoir été transportée dans cette Barcelone de l'après-guerre.
Dans le cadre d'une lecture commune, je voulais voir si cette impression m'est restée. Et je suis effectivement ravie d'avoir retrouvé la plume de Carlos Ruiz Zafon et d'avoir à nouveau passé un merveilleux moment !

Le héros, Daniel, est emmené, à dix ans, par son père au Cimetière des Livres Oubliés. Dans cet endroit, tous les livres abandonnés ou oubliés trouvent acquéreur. Et Daniel tombe sur un roman écrit par un certain Julian Carax : L'Ombre du Vent. Non seulement il le transporte, mais cela le pousse à en apprendre davantage sur l'auteur. Or, très peu d'informations circulent sur lui. De plus, Carax semble avoir vécu une vie très mouvementée.
Il n'en faut pas plus à Daniel pour se lancer sur ses traces. Un voyage au cœur de Barcelone, à la recherche du passé, mais aussi à la découverte de lui-même...

Ce que j'ai adoré par dessus tout, c'est l'immersion dans l'histoire. A commencer par la ville de Barcelone, plongée dans le contexte d'après-guerre. Je me suis parfaitement imaginée les rues, les bâtiments, tant M. Zafon maîtrise ses descriptions. C'est particulièrement le cas pour le Cimetière des Livres Oubliés ou encore la villa des Aldaya. L'immersion est d'autant plus forte que l'auteur ne se base pas que sur la vue ; il fait aussi appel à l'ouïe, l'odorat et le toucher. De quoi marquer les esprit avec des scènes flippantes, par moment !

L'histoire en elle-même est très plaisante à suivre. Ce que j'ai surtout aimé, ce sont les passages en italiques qui nous racontent l'histoire de Julian, au travers des gens qui l'ont connu. Comme Daniel, on découvre peu à peu son parcours, et je me suis rendue compte qu'au vu de ce que l'auteur nous propose, voilà un récit que n'aurait pas renié Virginia C. Andrews. C'est une auteure américaine qui a pas mal de sagas familiales à son actif, toutes avec des secrets souvent sordides. L'Ombre du Vent m'a beaucoup rappelé ses récits.

En parallèle à Carax, on suit aussi Daniel sur plusieurs années. Et on se rend compte qu'il suit un cheminement parallèle à Julian, notamment en ce qui concerne son histoire d'amour. Sa façon d'appréhender la vie à travers son jeune âge, ses découvertes sur Carax, etc... tout cela nous est livré progressivement, et en douceur.

J'ai éprouvé beaucoup d'attachement pour notre jeune héros. Sa naïveté et sa façon d'appréhender les choses (surtout celles de l'amour) le rendent très attachants. J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont il recueille les révélations sur Julian ; je l'ai trouvé de plus en plus mature à mesure qu'on avançait dans l'histoire. Et pas seulement parce qu'il grandit en âge.
De plus, c'est notre narrateur ; on découvre donc tout en même temps que lui. Et c'est aussi un gros souci : car comme on suit tout à travers ses yeux, l'auteur ne s'attarde pas trop sur les personnages qu'il rencontre, et même sur son entourage.

Pourtant, un autre personnage que j'ai adoré, c'est Fermin. Ancien clochard, il va peu à peu se dévoiler ; j'ai adoré ses réparties, ses discours sur les autres, et surtout sur les relations amoureuses. Il possède un langage très recherché et n'hésite jamais à balancer ses quatre vérités aux autres. Voilà un trait de caractère qui m'a conquise !

Concernant les autres, j'ai apprécié les suivre, même s'ils sont moins travaillés que Daniel et Fermin. Le père, par exemple, qui aurait mérité un plus grand approfondissement, tant dans le caractère que dans la relation père/fils.
Pareil pour Béa, la fille qui fait chavirer le cœur de Daniel ; on a bien un développement de son passé et de son caractère, mais pas suffisamment pour la rendre attachante.

Mais surtout, je regrette que le Cimetière des Livres Oubliés soit finalement peu présent, bien qu'il soit le point de départ de l'intrigue. Cet endroit semble à la fois mystérieux et magique et là encore, j'aurais aimé voir plus de développement autour de ce lieu : sa construction, qui la dirige, etc. J'ignore si on aura plus d'infos dans Le Jeu de l'Ange et Prisonnier du Ciel, mais j'espère que l'auteur va donner plus d'éléments là-dessus.

La plume de Carloz Ruiz Zafon est juste magnifique. Il maîtrise les mots à la perfection : il sait nous transporter à la fois dans la ville de Barcelone et dans l'histoire de Julian. J'ai été transportée par son style, à la fois poétique et contemporaine. Avec en prime, un bel hommage à tous les amoureux des livres. Certaines citations risquent fort de vous parler si vous êtes, comme moi, un grand lecteur.

L'Ombre du Vent est une histoire magnifique, sublimée par la plume de l'auteur et la plupart de ses personnages. Je regrette juste que certains d'entre eux soient relégués au second plan alors qu'ils méritaient plus de développement.

jeudi 11 janvier 2018

La Prophétie des Andes

HISTOIRE

Le héros se rend au Pérou après avoir entendu parler d'un mystérieux Manuscrit qui expliquerait le sens de notre vie sur Terre.
Sur place, il rencontre plusieurs personnages qui vont lui expliquer les révélations pas à pas ; mais le gouvernement, hostile au Manuscrit et à son contenu, veille...


CRITIQUE

J'avoue, j'ai choisi ce livre par hasard, mais surtout pour le New Year Book Challenge. Et plus précisément pour la thématique de Janvier qui consiste à lire un livre d'un genre qu'on n'a pas l'habitude de lire.
Et je pense pas renouveler l'expérience du développement personnel durant un moment parce que je n'ai pas du tout apprécié cette lecture.

Le roman se centre sur un homme qui cherche à en apprendre davantage sur le Manuscrit, un texte qui, apparemment, nous apprend le sens de la vie au travers de neuf révélations. Durant son séjour au Pérou, notre protagoniste va peu à peu connaître les révélations et apprendre à les appliquer dans sa vie quotidienne...

Y a pas mal de points qui me chiffonnent dans l'histoire.
Premièrement, le Manuscrit en lui-même. On ne cesse de dire que son existence est top-secrète, que le gouvernement veut tout faire pour cacher son existence... Mais pratiquement tout le monde en a entendu parler ! C'est bien simple : le héros rencontre des gens qui ont soit entendu parler du Manuscrit, soit ont commencé à appliquer les révélations et/ou à les enseigner.
Déjà, ça part mal. Mais j'ai relevé une autre incohérence : si on tient tant à ce que peu de monde connaisse le Manuscrit, pourquoi ne pas carrément buter ceux et celles qui appliquent ses principes ? Pourquoi les garder en vie et se contenter de les laisser partir ? Forcément que les révélations seront transmises à d'autres si tu les laisses gambader dans la nature !!!

Et puis, on a cette scène incroyable dans une prison, qui, pour moi ressemble davantage à une colonie de vacances qu'à un véritable milieu carcéral. Les personnages ne souffrent pas, tant physiquement que moralement, sont très bien traités... Pour des gens qu'on veut à tout prix éloigner du Manuscrit, encore une fois, c'est illogique !

L'auteur tente de nous présenter une menace, tant pour le Manuscrit que pour ceux qui pratiquent son enseignement. Mais j'y ai pas cru : oui, on a bien des scènes de fusillade, dont une où le héros voit quelqu'un mourir sous ses yeux. Mais la scène, censée être dramatique, est noyée sous un délire pseudo-mystique où le gars n'a rien de mieux à foutre que de songer à l'univers et à la façon dont il a été créée !!! Seriously ?!
Bref, cette fameuse menace n'est jamais vraiment présentée comme étant "sérieuse", au point de mettre en danger la vie des personnages. Et je n'y ai pas cru une seconde.

Deuxièmement, les révélations présentées. Déjà, le schéma narratif est toujours le même : le héros rencontre A qui lui apprend une révélation et se met à l'appliquer. Chapitre suivant, il rencontre B qui lui apprend une autre révélation et l'applique, tout en se rappelant la révélation précédente. Puis, il rencontre C et rebelote.
Bref, c'est très répétitif ; et comme y a neuf révélations, bonjour l'ennui !

Ensuite, le contenu de ces révélations est loin d'être exceptionnel. C'est un mélange d'histoire, de psychologie, de religion... Des éléments qu'on a déjà croisé quelque part, pour peu qu'on s'intéresse à ces notions. En ce qui me concerne, y a pas de surprise ; j'avais déjà lu ce que James Redfield nous pond dans ce roman, tant par mes lectures personnelles que par mon parcours professionnel. Tu parles de soi-disantes "révélations" !

En plus, le héros les apprend un peu trop facilement. Encore une fois, se pose le problème de la facilité scénaristique. OK, tout le monde peut apprendre les révélations ; mais de manière aussi fastoche et par le premier venu, faut quand même pas exagérer ! Et, bien sûr, il les assimile aussi naturellement, comme s'il les avait appris toute sa vie. Bof...

Et puisqu'on parle du héros, je l'ai trouvé très con et très fade.
Très con parce qu'il met des plombes à comprendre les révélations alors que j'avais déjà compris les grandes lignes. Mais non, on nous assène les explications à coups de marteaux, pour être bien certains qu'on a parfaitement captés les messages transmis !

Et très fade, parce qu'il n'a aucune personnalité. Il se contente juste de suivre les autres, sans jamais remettre leurs paroles en question, ni leurs actes. Lui-même suit les protagonistes, sans se poser de question, et de parfaits inconnus qui plus est !

Quand aux autres personnages, aucun ne m'a inspiré de l'empathie. Ils vont et viennent et on n'a pas le temps d'approfondir leur personnalité et/ou leur passé. L'essentiel se tient dans leurs discours et ce qu'ils ont compris et appris des neuf révélations.

Il faut quand même reconnaître que le livre se lit facilement. Heureusement d'ailleurs, parce que, malgré ses 317 pages, j'ai trouvé ce livre très mauvais. Voilà encore un livre qui surfe sur le développement personnel, mais qui le fait de manière tellement maladroite que je n'ai jamais cru à l'histoire, ni aux messages qu'il véhicule.

La Prophétie des Andes se caractérise par ses incohérences énormes et son personnage principal débile et très fade. C'est pas demain la veille que je lirais la suite !

mercredi 10 janvier 2018

Le crime d'Halloween

HISTOIRE

Lors de la soirée d'Halloween, Joyce, une enfant, prétend avoir vu un meurtre des années auparavant. Personne ne la croit et la soirée continue sans autre incident.
Mais lorsque les organisatrices remettent de l'ordre dans la maison, le cadavre de la petite fille est retrouvé dans la bibliothèque.
Bouleversée, Mrs Oliver, l'une des invitée, décide d'appeler à l'aide un vieil ami : Hercule Poirot.

CRITIQUE

Après l'excellent Le crime de l'Orient-Express, je voulais absolument lire un autre titre d'Agatha Christie. Mon choix s'est porté sur celui-ci car le résumé me tentait bien.
Malheureusement, je ne suis pas très convaincue par ce crime d'Halloween.

On retrouve Hercule Poirot pour une nouvelle enquête, assez sordide :  le corps d'une fillette a été retrouvée, noyée, après une soirée d'Halloween réussie. Elle prétendait, quelques heures auparavant, avoir assisté à un meurtre.
Notre détective va tenter de percer le mystère autour du décès de la petite Joyce...

Je m'attendais à une enquête tout aussi palpitante que celle donnée au sein de l'Orient-Express. Il n'en n'est rien.
Premièrement, on n'est plus dans un huit-clos ; Poirot se balade librement d'une maison à l'autre pour interroger les gens et ainsi glaner les informations nécessaires. Et on se rend compte que, dans une communauté où tout le monde se connaît, tout le monde semble dissimuler un cadavre dans le placard...

Deuxièmement, les discours rapportés. Le bouquin ne fait que 255 pages, mais c'est comme si j'en avais lu le double. J'ai trouvé certains passages trèèèèèèès longs ; du coup, mon intérêt pour le livre s'est amenuisé. Certes, je voulais découvrir l'identité du coupable, mais finalement, j'accrochais si peu que j'avais hâte de le terminer pour passer à autre chose.

Ceci dit, Agatha Christie a encore une fois su me surprendre sur le meurtrier. J'étais partie sur autre chose et elle m'a mise devant le fait accompli ! Je suis contente d'avoir pu terminer cette lecture laborieuse sur une note positive.

Hercule Poirot est toujours aussi drôle et fouineur : rien ne vaut l'indiscrétion, là il ne faut pas pour trouver des éléments de réponses, même si à priori, rien ne sembler lier tout ce qu'on apprend.
En fait, y a pas grand chose qui se passe, mais tout l'intérêt des romans de l'auteure est de faire travailler nos neurones pour regrouper les éléments et trouver ainsi un fil conducteur qui nous mènera au tueur. C'est ce que j'aime le plus dans ses bouquins.

De plus, son style permet vraiment de s'immerger dans l'enquête et de suivre Poirot dans ses investigations. Malgré cela, comme écrit plus haut, j'ai trouvé certains passages tellement longs qu'ils ont sapé mon intérêt pour le livre. Ce qui est dommage car je m'attendais à quelque chose de plus palpitant par rapport au résumé.

Le crime d'Halloween est un policier sans prétention, mais incroyablement long malgré ses 255 pages. Je suis très moyennement convaincue, malgré le final surprenant et un Poirot toujours aussi malicieux.

mardi 9 janvier 2018

Chaque soir à 11 heures

HISTOIRE

Willa fait partie de ces filles qui se considèrent comme insignifiante. Pourtant, elle sort avec Iago, le garçon le plus populaire du lycée.
Lors d'une soirée organisée par sa meilleure amie, Fran, elle fait la connaissance d'Edern, un garçon mystérieux qui semble dissimuler un lourd secret.
Rapidement, les deux adolescents sympathisent et Willa va se rendre compte que la famille d'Erden vit dans une maison étrange, au passé mystérieux.

CRITIQUE

Je n'étais pas spécialement attiré par ce titre au départ, mais l'ayant choisi pour mon challenge ABC Jeunesse/Young Adult 2018, je l'ai emprunté.
Le résumé présageait une romance gnian-gnian, avec un énième triangle amoureux bien dégoulinant, comme je les déteste.
Et finalement, ce n'est pas du tout ce que j'ai trouvé à l'intérieur !

Willa, notre héroïne, sort avec Iago, un garçon très beau et, forcément, très courtisé par les filles. Sa rencontre avec Erden va chambouler son existence de plusieurs manières : sa façon de percevoir les autres, notamment, mais aussi des catastrophes très graves qu'elle va frôler à plusieurs reprises.

Là où je m'attendais à de la romance pure et dure, je me suis retrouvée avec un texte traitant de secrets de famille, d'une enquête et d'étranges accidents qui pourraient ne pas en être.
J'ai été conquise par ces points, non seulement bien amenés, mais aussi bien traités. L'ensemble est addictif, même si on trouve malgré tout une petite touche de romance.

Mais cette dernière prend finalement peu de place ; ce qui compte vraiment, c'est l'atmosphère assez étrange qui se dégage et l'ambiance de plus en plus pesante à mesure qu'on avance dans la lecture.
En effet, Willa va tenter d'en apprendre davantage sur Edern et sa famille, suite à sa première visite dans leur maison. L'intrigue se centre principalement sur cet étrange domaine et le passé familial qui s'y cache. Mais Willa doit aussi faire face à d'autres événements plus dramatiques, que je ne révélerais pas pour ne pas spoiler, apportant son lot de tension à l'intrigue.

Avec tous ces éléments, j'ai été transportée par l'histoire. Je ne me suis pas ennuyée, même durant les passages où la romance prenait le dessus. J'étais curieuse de connaître la suite, mais surtout de voir comment Malika Ferdjoukh allait conclure son récit. Et je suis très satisfaite de la fin ; le dernier élément m'a surprise car je n'avais pas pensé à ce qu'elle nous propose.

Côté personnages, j'ai adoré Willa, cette ado de 16 ans, assez mature pour son âge. Il faut dire qu'avec des parents comme les siens, difficile de faire autrement. Son père est l'éternel ado qui papillonne de fille en fille et sa mère, certes plus sérieuse, manque d'autorité.
J'ai particulièrement aimé sa façon d'être ; elle reste souvent calme et affronter les situations avec justesse, sans jamais apporter de conclusion hâtive (ou presque). Que ce soit dans ses rapports amoureux, ses découvertes sur Edern et son entourage ou encore les événements auxquels elle fait face ; elle est loin de l'ado neu-neu, avec ses discours mièvres et sans intérêt.

Concernant les garçons, si Iago m'a laissée indifférente, j'ai largement préféré Edern. Ce dernier semble dissimuler un passé lourd et mystérieux. Et, effectivement, plus on avance, plus on découvre qu'il garde pour lui pas mal de choses, sur sa famille, notamment. J'étais tout aussi intriguée que Willa, d'autant plus qu'étant la narratrice, on suit son développement au travers des yeux de la jeune fille.

Fran, sa meilleure amie, est assez attachante aussi. Pourtant, ça partait mal : c'est l'ado typique issue d'une famille aisée et peut se permettre les fêtes les plus extravagantes. Mais je l'ai trouvée aussi intéressante, et complémentaire par rapport à l'héroïne : déjà par rapport à leur statut social, mais aussi au niveau de leur personnalité. Si Willa est réservée, Fran est plus dévergondée.
Bref, elle est attachante et très intéressante à suivre.

Malika Ferdjoukh apporte une plume sympa, en présentant des personnages attachants, mais surtout en apportant une ambiance étrange, parfois glauque. Cela donne très envie de continuer la lecture et d'aller jusqu'au bout !

Chaque soir à 11 heures est une excellente surprise ! Je suis (presque) totalement conquise par cette découverte jeunesse. Les personnages sont intéressants et attachants, l'histoire est géniale et la romance ne prend pas trop de place.
Bref, sans doute LA découverte du mois de Janvier !