samedi 16 décembre 2017

Oniria, tome 1 : Le royaume des rêves

HISTOIRE

Elliott, douze ans, n'a pas la vie facile. Ses relations avec sa belle-mère sont difficiles et est le souffre-douleur des terreurs de sa classe.
Un jour, sa grand-mère lui confie un étrange sablier qui possède le pouvoir de le transporter dans un monde merveilleux, où rêves et cauchemars prennent vie : Oniria.
Cependant, le jeune garçon s'aperçoit vite que cet univers cache de bien sombres recoins et de sinistres personnages...

CRITIQUE

Je n'étais pas spécialement attirée par cette saga, je trouve la couverture hyper moche. Ceci dit, un concept comme les rêves et les cauchemars qui se matérialisent dans un monde parallèle au nôtre avait de quoi séduire. C'est pour cette raison que j'ai finalement décidé d'emprunter ce premier tome à la bibliothèque.
Et je suis ravie car Oniria est une petite merveille !

Le héros est un jeune garçon de douze ans, Elliott. Il traverse une mauvaise passe ; entre son père plongé dans un mystérieux coma, ses relations conflictuelles avec sa belle-mère et ses difficultés scolaires, il n'a clairement pas la vie facile.
Tout change lorsqu'il découvre Oniria par le biais de sa grand-mère. Elle lui remet un sablier magique qui le transporte dans ce monde enchanteur. Mais il va vite se rendre compte que rêves et cauchemars abritent bien des secrets terribles et des personnages menaçants.

Rien que le concept me parlait. Un monde où rêves et cauchemars cohabitent et deviennent réalité, ça ouvre la porte à pratiquement tous les genres littéraires. Et l'auteur s'en sert de façon assez modeste, je dois dire, car ce premier tome sert surtout d'introduction.

On apprend peu à peu à connaître Oniria, cet univers si particulier avec ses règles, ses habitants et ses facettes, bonnes et mauvaises.
Le royaume des rêves dépeint vraiment un monde à part du nôtre où chacun peut s'évader et crée ses personnages et ses lieux, parfois uniques. Mais cela ne veut pas dire pour autant que tout est rose, bien au contraire : Elliott va rapidement découvrir que, derrière cette façade idyllique, se cachent des menaces bien présentes...

Et là encore, l'histoire est aussi introductive. Plusieurs intrigues sont mises en place, afin de permettre aux tomes suivants de se développer. En espérant qu'on aura plus d'éléments dans les volets suivants car certains pans m'intéressent tout particulièrement (le mystère entourant la disparition de la mère d'Elliott, par exemple).

L'histoire en elle-même est hyper agréable à suivre : l'auteur met en place le décor et notre héros dans son monde, avant de le plonger au cœur d'Oniria. Et puis, c'est parti pour de folles aventures où il rencontre tour à tour une princesse, un être capable de se transformer en n'importe quel animal, une intrépide aventurière... Bref, des personnages variés et intéressants, qui vont chacun apporter leur petite pierre à la compréhension de l'univers, mais aussi aux différentes intrigues. 

Je ne me suis pas ennuyée une seconde ; j'ai dévoré ce récit, ravie de découvrir, comme Elliott ce monde. D'ailleurs, Oniria n'est pas sans rappeller le Pays des Merveilles ; aussi étrange, aussi barré que le monde crée par Alice. Sauf qu'Oniria est mieux construit et présente des personnages un poil plus intéressants et moins WTF que ceux crée par Lewis Carroll.
Et vu le final, je suis très curieuse de lire la suite, pour voir ce qui va lui tomber dessus !

Concernant les personnages, Elliott est super attachant. C'est un jeune garçon, de douze ans, complètement paumé, entre sa belle-mère et ses demi-sœurs, son père plongé dans le coma, la disparition étrange de sa mère et ses problèmes scolaires. Seule sa grand-mère trouve les mots pour le consoler et l'apaiser.
J'ai trouvé le héros assez mature pour son âge ; certes, il est émerveillé par ce qu'il voit et, forcément, commet parfois des bêtises, mais globalement, il reste assez "sérieux" pour quelqu'un qui débarque à Oniria pour la première fois. 
Rien que pour ces deux éléments, je suis impatiente de lire le tome deux !

Je suis par contre plus réservée pour les personnages secondaires. Certes, ils sont intéressants ; mais j'attends d'en savoir plus sur eux pour me faire une idée plus globale car, malgré tout, je trouve qu'ils restent assez flous. Tant au niveau du caractère que dans leurs intentions.

C'est très rapide à lire et très immersif ; on est plongé directement dans deux univers radicalement différents, le nôtre et Oniria. Et l'auteur sait accrocher son lecteur avec ses mystères entourant certains personnages, ce qui donne envie de poursuivre son oeuvre.

Malgré des personnages secondaires dont j'attends encore ce qu'ils valent, ce premier volet est superbe ! L'univers, le héros et le style sont très intéressants et ne demandent qu'à se développer davantage dans les tomes suivants ! Je vous invite fortement à pénétrer dans le monde d'Oniria et d'en percer tous ses secrets !

samedi 9 décembre 2017

Les Petites Reines

HISTOIRE

Mireille, Astrid et Hakima ont remporté un concours Facebook, attribuant les prix des Boudins d'Or, d'Argent et de Bronze.
Les trois adolescentes se lancent alors dans un pari fou : relier Bourg-en-Bresse et Paris, à vélo, en vendant des boudins ! Et chacune a des raisons de se rendre dans la capitale française : parviendront-elles à atteindre leur objectif ?

CRITIQUE

Je me suis lancée dans ce titre, suite aux vidéos de Jess et Mélisendre, qui l'avaient beaucoup aimé. J'ai aussi vu d'autres avis, tout aussi positifs.
Pour ma part, ça l'a pas vraiment fait.

Le pitch de base est un concours Facebook attribuant des prix particuliers : les Boudins d'Or, d'Argent et de Bronze. Et les gagnantes sont Mireille, Astrid et Hakima.
Si la première s'en moque royalement, étant habituée depuis des années aux insultes sur son poids, les deux autres sont anéanties. Mais leur rencontre va donner lieu à une idée dingue : se rendre à Paris, à vélo, en vendant des boudins pour payer leurs frais, afin d'accomplir un objectif personnel.

Un résumé pareil, à priori loufoque, m'a pourtant séduite. Bon, on peut s'interroger sur le fait que les parents laissent leurs filles partir seules, pratiquement sans argent, avec un pick-up, des boudins et des vélos, avec le grand frère de l'une d'elles... et ce, sans aucun problème.
Ce n'est pas ce point qui m'a dérangée. Au contraire : cette aventure va être l'occasion pour le quatuor de faire de belles rencontres, de se surpasser. Leur épopée ne laissera d'ailleurs pas indifférent, puisque les "Boudins" (comme elles se surnomment) vont rapidement faire l'objet d'une médiatisation sans précédent. Si elles reçoivent des commentaires bienveillants, d'autres en profitent pour cracher leur venin, sous couvert d'anonymat. Acte de lâcheté par excellence.

A travers le parcours de ces adolescentes au physique "pas dans la norme", l'auteure aborde des sujets difficiles, comme le harcèlement scolaire ; voir un concours désignant les filles les plus laides sur Facebook et les commentaires insultants sont, hélas, une triste réalité : étant Youtubeuse, je côtoie régulièrement ce dernier point. Alors forcément, cela me parle.
Clémentine Beauvais aborde ce sujet avec délicatesse et cela passe très bien.

Si le message est une réussite et l'histoire pas mal du tout, c'est clairement du côté des personnages et de la narration que ce roman pose problème. Sans parler du ton.

Je ne suis pas contre l'auto-dérision, surtout dans ce genre de situation, bien au contraire. Mais là, l'auteure en fait trop.
Mireille, notre narratrice, habituée aux critiques sur son physique prend le tout avec légèreté. Je dirais même avec TROP de légèreté. Elle se permet parfois un discours très lourd qui m'a fait lever les yeux au ciel à plusieurs reprises. Je déteste ces personnes qui balancent des trucs et se croient drôles alors qu'en fait, pas du tout. Je l'avoue, je suis une fille qui ne rit pas beaucoup. Il faut dire que je suis une grande adepte de l'humour noir.
Tout ça pour dire que, si j'ai souri une ou deux fois au début du récit, ça n'a plus été le cas par la suite. L'humour de ce roman m'a agacée.

Du coup, je ne me suis pas du tout attachée à Mireille, qui m'a gonflée, même si son caractère force l'admiration. Elle ne se laisse pas avoir et n'hésite pas à se plonger dans des situations loufoques. Mais son humour agaçant m'a laissée de marbre. Même si elle remonte le moral des troupes, je n'ai pas vraiment eu d'empathie pour elle.

Le fait que tout soit racontée de son point de vue restreint le roman puisqu'on ne suit que ses pérégrinations, à travers ses yeux. Or, j'aurais adoré connaître l'avis d'Astrid, Hakima et Kader (grand frère de cette dernière) sur leurs aventures et leur façon de gérer les différentes situations et leur célébrité grandissante.
De même, j'aurais aussi aimé avoir un avis extérieur à leur épopée ; celui des parents, par exemple. Ou encore celui des journalistes, tant ceux du journal télévisé que de la presse et/ou de la radio.
Bref, y avait largement matière à multiplier les points de vue, quitte à rallonger le bouquin. C'est, pour moi, le plus gros point noir du roman.

Malgré cela, Les Petites Reines se lit très vite et permet de passer un moment assez agréable, pour peu qu'on soit sensible à son humour, ce qui n'a pas été mon cas.

Un livre qui a eu de très bons avis sur la blogosphère, mais en ce qui me concerne, c'est presque loupé. La faut en grande partie à l'humour très lourd et une choix de narration pas judicieux.
Mais le message véhiculé est une réussite et l'histoire en elle-même est plutôt plaisante.

vendredi 8 décembre 2017

Les Substituts, tome 1

HISTOIRE

Tya vit dans une société divisée en plusieurs factions. Elle est une Substitut, un être d'une intelligence très limitée et travaille au sein d'une famille aisée.
Mais, suite au bug de sa puce, elle accède à des connaissances et un langage qu'elle n'est pas censé connaître. C'est le début de la remise en question et de la découverte d'elle-même et du monde qui l'entoure.

CRITIQUE

Suite à l'avis de Mélisendre, j'ai voulu tenter l'aventure avec cette nouvelle saga et je ne suis pas déçue ; j'ai passé un bon moment, malgré les défauts que j'ai pu relever.

Nous sommes dans un monde visiblement dystopique où Tya, notre héroïne, est une Substitut. Comme tous les Substituts, elle possède une intelligence très limitée et doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.
Or, un bug de sa puce va tout changer : elle va non seulement perfectionner son langage, mais aussi accéder à des connaissances dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. C'est le début d'une incroyable aventure qui commence pour la jeune fille.

Le gros point fort du roman, c'est la forme apportée au récit : le début montre clairement les limites langagières de Tya. Elle dit des phrases courtes, avec un vocabulaire très pauvre.
Et plus on avance dans l'histoire, plus sa connaissance du langage s'améliore et, par conséquent, son vocabulaire s'enrichit. les discours plus que minimes du début font place à de véritables descriptions où elle mets des mots sur ses pensées, ce qu'elle voit, ressent.
Le fait que la forme participe au fond est génial ; cela me rappelle Des fleurs pour Algernon de Daniel Kayes, dont la forme est dans la même veine que ce roman.

Si le fond est sympa, il est clairement moins travaillé que la forme.
J'ai beaucoup aimé le monde mis en place par Johan Heliot ; à la fois dystopie et anticipation, il montre une société formatée à partir du niveau d’intelligence de chaque individu. On apprend qu'il existe plusieurs "factions" : les Substituts, les Hauts, les Très-Hauts, la Horde... Bref, tout se petit monde évolue dans cette communauté, même si elles sont séparées. Personne ne se mélange.
L'auteur prend le temps de mettre en place les différents éléments de son univers, qu'on découvre en même temps que Tya, la narratrice. Cela montre surtout qu'il est plus complexe qu'il n'y paraît et laisse présager quelque chose de plus grand pour le deuxième tome.

L'univers est intéressant ; l'histoire l'est moins.
En fait, je ne pensais pas que Tya aurait accédé à une plus grande intelligence bien plus tard dans le bouquin. J'ai été surprise donc quand son discours s'améliore, d'autant plus que ça  n'arrive pas vraiment en douceur.
Mais ce n'est pas grave ; je me suis rapidement habituée au changement de style.
En revanche, à un moment donné, le récit a pris une tournure qui ne m'a pas beaucoup plu ; les passages avec la Horde sont bien trop courts, à tel point que j'aurais aimé plus de développement de ce côté-là. Pareil pour ce qui suit l'épisode Horde ; là encore, plus de développement m'aurait plu.
En fait, j'avais oublié à quel point le roman n'est pas long ; 322 pages. C'est vrai qu'on va à l'essentiel et qu'on ne s'attarde pas sur les détails. Ce qui donne un livre qui va assez vite, malgré ses quelques passages plus calmes où Tya parfait ses connaissances grâce à ses rencontres.

Et puisqu'on parle de Tya, voilà une héroïne à laquelle je me suis attachée. Assez limitée au départ, elle va, à mesure que grandit son intelligence, se rendre compte de l'atroce condition des Substituts et des conditions dans lesquelles ce monde a été créée et son évolution dans le temps.
J'ai beaucoup aimé cette jeune demoiselle de 14 ans qui porte rapidement le destin de tout un peuple sur ses épaules. Etant la narratrice, elle apprend, apprivoise, découvre en même temps que le lecteur.
J'ai hâte de la retrouver dans le tome deux afin de voir la façon dont elle gère le rôle qui lui est attribué !

Je ne parlerais pas des autres personnages, étant donné qu'on ne suit que Tya. Certains semblent intéressants (Cox), d'autres me semblent fades. Sans compter la romance pas du tout crédible, en plus d'arriver comme un cheveu sur la soupe. Heureusement, ce point occupe très peu de place dans l'intrigue, ce qui fait totalement mon bonheur. Je déteste les récits où les histoires d'amour prennent TROP de place dans un livre.

Johan Heliot a une plume qui, comme écrit plus haut, participe clairement à l'intelligence de plus en plus développée de l'héroïne, ce qui renforce non seulement l'attachement au personnage, mais aussi l'immersion à ce monde SF.

Un premier tome très sympa, malgré une histoire en dents-de-scie et des personnages secondaires peu développés, au profil de l'héroïne. Mais je retiens la plume, géniale, et ce monde auquel j'ai la désagréable impression qu'on s'y rapproche de plus en plus.

jeudi 7 décembre 2017

La tresse

HISTOIRE

Smila, Giulia et Sarah. Trois femmes qui vivent dans trois pays différents (Inde, Italie et Canada) et qui sont à un tournant de leur vie où elles peuvent tout changer.
Vont-elles saisir la minuscule lueur d'espoir qui se présentera à elles ?

CRITIQUE

Ce livre remporte un beau succès, tant en librairie que sur la blogosphère. Et comme il faisait partie des nouveautés de la bibliothèque, je l'ai emprunté afin de découvrir par moi-même ce qui plaît autant dans cette histoire.
Sûrement la note d'espoir qui parsème le cheminement des trois histoires qu'on suit. Malheureusement, en dehors de ce point, je n'ai pas du tout adhéré.

La tresse met dont en scène trois femmes, de trois pays différents : Smila, Giulia et Sarah.
La première veut que sa fille aille à l'école pour ne pas suivre la même voie que sa mère, à savoir ramasseuse de crottes ; la deuxième veut sauver l'entreprise familiale au bord de la faillite ; et la troisième, avocate réputée apprend qu'elle a un cancer.
On va donc les suivre au travers de leur parcours de vie et leur façon de changer les choses afin de la rendre meilleure, tant pour elles que pour les proches.

J'ai cru comprendre que Laeticia Colombani voulait donner la parole aux femmes à travers ce roman. Intention louable, mais une bonne intention ne fait pas forcément un bon livre.

Pour commencer, le texte se compose à 95% de narration pour 5% de dialogues. On passe le plus clair de notre temps à suivre les pensées de ces femmes, leurs désarrois intérieurs. L'idée en elle-même est plutôt sympa, mais elle souffre de deux problèmes : les répétitions (l'auteure aime à rappeler des éléments qu'on avait déjà découvert quelques chapitres auparavant), mais surtout, je trouve ce choix assez étrange pour un roman censé donner la parole aux femmes...

Autre souci : les informations fournies dans les chapitres. Je ne doute pas que Mlle Colombani a fait des recherches, notamment sur les Intouchables. Mais vu la façon dont elle nous présente les choses, on dirait davantage la retranscription d'un reportage télé qu'une véritable tranche de vie. Cela me donne la très désagréable impression que le texte ne reflète pas vraiment la réalité.

Si la petite touche d'espoir est la bienvenue (surtout en cette période sombre), l'auteure n'apporte pas de réelle conclusion à son roman. On ne sait pas vraiment ce qu'il advient des héroïnes ; je déteste ce genre de fin. Déjà, c'est frustrant et cela me donne une impression de m'être fait arnaquer...

Un autre problème se pose : l'identification.
Je ne me suis attachée qu'à Smila. De part sa condition d'Intouchable, elle veut absolument que sa fille aille à l'école pour ne pas effectuer le même métier, à savoir ramasser la merde des autres dans leurs maisons.
J'ai beaucoup aimé suivre cette mère de famille, prête à tout pour offrir un avenir digne à son unique fille ; j'ai aimé son courage, sa foi au dieu Vishnou, sa détermination. Elle m'a impressionnée.

Je n'en dirais pas autant des deux autres.
Giulia, c'est la jeune femme italienne qui vit dans une famille très traditionnelle. Elle est très famille et veut tout faire pour sauver l'entreprise fondée par son père, au bord de la faillite.
Elle ne m'a pas spécialement séduite, elle m'est apparue assez fade. Et bien sûr, elle est pas fichue de trouver la solution seule, il lui faut un mec pour la trouver à sa place !
Bref, une demoiselle assez nunuche.

Sarah, elle, est avocate dans un prestigieux cabinet. Elle a parfaitement réussi sa vie professionnelle, mais sacrifie sa vie familiale puisqu'elle n'a pas vu grandir ses enfants.
Or, tout bascule quand elle apprend qu'elle a un cancer.
Je pensais qu'on allait suivre son combat contre la maladie, mais pas du tout ; en fait, la seule chose qui la préoccupe, c'est que personne ne doit connaître l'existence de son cancer. Elle ne veut pas être rejetée et qu'on lui prenne sa place. C'est la seule chose qui importe finalement, ce qui m'a insupportée. Qu'elle ne veut pas qu'on soit au courant, d'accord, mais avec une telle mentalité, je trouve cela ridicule !

Concernant le style, je ne dirais pas que c'est mauvais, mais c'est très haché et pas exceptionnel. L'auteure va droit au but, donne très peu de descriptions et donne l'impression de suivre des tranches de vie au travers d'un reportage télé qu'au travers d'une fiction.

La tresse avait tout pour me faire passer un bon moment ; même pas !
Je me retrouve avec un style assez pauvre, des personnages pas hyper attachants et des histoires sans conclusion, bien qu'apportant un moment d'espérance.

mardi 5 décembre 2017

Le Puits des Mémoires, tome 3 : Les Terres de cristal

HISTOIRE

Olen, Karib et Nils sont sur la dernière ligne droite qui les conduira droit vers leur passé... droit vers les réponses qu'ils cherchent depuis un an.
Mais les dangers restent nombreux et leurs ennemis les traquent dans l'ombre...

CRITIQUE

Dès que j'ai le troisième volet dans le rayon nouveautés de la bibliothèque près de chez moi, je me suis empressée de l'emprunter ! D'une part parce que je voulais connaître le fin mot de l'histoire après un superbe tome deux ; d'autre part parce que cela me fait une nouvelle saga terminée qui vient s'ajouter à la (maigre) liste.

On retrouve notre trio dans leurs dernières aventures où ils vont enfin trouver les réponses aux questions qu'ils se posent depuis l'accident sur la montagne. Mais dangers et trahisons les attendent au tournant.

Comme promis, ce dernier volet clôt les aventures d'Olen, Karib et Nils et apportent tous les éléments qui nous apportent enfin toutes les réponses. De ce fait, j'ai été ravie de voir comment Gabriel Katz nous amène vers la vérité ; en douceur, avec son lot de révélations fracassantes. En tout cas, ça a fait mouche !

Par contre, là où le bât blesse, c'est la façon dont les choses se déroulent.
Autant certaines scènes sont marquantes, autant d'autres ne sont finalement pas intéressantes (la relation Oranie/Olen qui plombe un peu l'ambiance sombre et complotiste, même si on salue l'idée d'avoir au moins une alliée).
On a aussi les soucis réglés de façon trop rapide et trop facilement ; c'est surtout la fin qui souffre de ce problème. C'est très frustrant car l'auteur amène un truc quand même énorme, et qui se résout (presque) en deux temps, trois mouvements.

Ceci dit, j'ai apprécié malgré tout suivre les personnages ; et ce qui est génial, c'est qu'on ne s'attarde pas que sur notre trio. On suit aussi d'autres protagonistes, qui apportent leur petite touche à l'histoire. C'était déjà le cas dans les deux tomes précédents, mais qu'est-ce que j'aime ce type de narration ! C'est enrichissant et permet d'avoir un autre point de vue sur la problématique abordée.

L'univers s'enrichit plus que jamais, avec sa magie noire et ses enjeux politiques. Tout n'est pas rose, loin de là : nos héros vont l'apprendre à leurs dépends.
Je pense que le monde décrit dans cette trilogie pourrait s'étoffer davantage, mais j'en suis satisfaite : après tout, l'intérêt principal consiste à suivre trois amnésiques en quête de la vérité.

En revanche, ce troisième tome permet de découvrir une nouvelle zone géographique : les fameuses Terres de cristal, objet de tous les fantasmes et de toutes les craintes.
Gabriel Katz décrit si bien ses paysages enneigées, ses villages glacés que je m'y suis totalement immergée. Il a aussi l'excellente idée de ne pas se fier qu'à la vue pour les descriptions : il fait aussi appel principalement au toucher. C'était limite si je ne pouvais pas sentir le mordant du froid sur ma peau !

Parmi les trois, Karib est définitivement mon préféré.
Déjà, c'est le seul à maîtriser la magie (et encore) ; malgré son amnésie, il maîtrise de mieux en mieux la politique et l'économie de Woltan (dû surtout à sa position sociale). Bref, un véritable pilier pour les deux autres, car c'est peut-être le plus fort physiquement, mais il se montre calme (moins que Nils malgré tout) et de bon conseil. De plus, il a l'art de se mettre dans des situations délicates (cf. l'arrivée dans les Terres de cristal).
Bref, un colosse qui m'a totalement séduite !

Olen est celui qui a le plus changé. De tombeur, il passe au statut d'être déchu, vu tout ce qui va lui tomber dessus. Il va mettre pas mal de temps à se remettre d'aplomb, malgré la présence de ses amis et d'Oranie à ses côtés.
Mais quand il reprend du poil de la bête, c'est un nouvel homme qui se dresse : j'ai été impressionnée par sa capacité à tourner le dos à son ancienne vie pour se consacrer intégralement à la nouvelle !
Si le personnage ne m'avait pas spécialement séduite dans le premier tome, ici, il a su me toucher et le rendre plus attachant que jamais !

Quand à Nils... Un homme font je savais pas quoi penser dans les deux premiers volets. Et même si c'est l'être qui est le plus mis en avant de part son passé, je reste de marbre.
C'est un combattant redoutable, qui cache de terribles cicatrices et qui va rencontrer d'anciennes connaissances qui vont lui (ré)apprendre qui il est.
Il se dévoile véritablement dans ce troisième tome ; et pourtant, je n'ai pas réussi à vraiment m'attacher à lui. Je pense que Nils restera toujours un mystère pour moi.

Encore une fois, l'auteur sait nous tenir en haleine et nous raconter son histoire en distillant habilement les éléments : révélations, descriptions, évolution des personnages... Une plume qui nous transporte dans le monde de Woltan que j'ai quitté avec regret.

Malgré quelques couacs, ce dernier tome conclut de façon très satisfaisante cette trilogie. Une excellente découverte fantasy que je vous invite à lire et que j'ai dû quitter avec un pincement au cœur. Bon sang, qu'est-ce que ces trois lascars vont me manquer !