lundi 20 novembre 2017

Le château des Carpathes

HISTOIRE

Le château des Carpathes... Un lieu qui fait frémir les habitants du village de Werst, d'autant plus que de la fumée a été aperçue récemment dans les ruines.
Le comte de Télek, de passage au village, est bien décidé à percer ce mystère. Après tout, il n'a plus grand chose à perdre.

CRITIQUE

Je n'ai lu qu'un livre de Jules Verne : Le tour du monde en 80 jours. Etant une lecture imposée par l'école, j'avais moyennement apprécié. Je l'ai relu une deuxième fois, mais là encore, ça ne m'avait pas fait rêver.
Du coup, j'ai voulu me lancer dans l'un de ses plus courts ouvrages, à savoir Le château des Carpathes. Et qu'est-ce que j'en pense ? Je vous le dis tout de suite.

On se retrouve en pleine Transylvanie, dans un petit village où les superstitions et les peurs ont la vie dure. La preuve : de la fumée sort des ruines du château des Carpathes. La nouvelle se répand très vite et va titiller la curiosité de plusieurs personnages. Dont le compte de Télek, déterminé à s'y rendre, d'autant plus que ce lieu n'est pas sans lien avec son passé...

Le début a été laborieux. Il est vrai que c'est un classique et que le langage utilisé est peu courant à l'heure actuelle. L'auteur prend vraiment le temps de poser le cadre et les personnages. Du coup, j'ai galéré à lire les cinquante premières pages.

Et puis, le déclic s'est fait et le reste de ma lecture s'est déroulé sans accroc. Je me suis habituée à la plume de Jules Verne et je me suis prise au jeu. Car je voulais aussi découvrir le mystère entourant le château des Carpathes.

L'histoire en elle-même est plutôt agréable à suivre ; la fin m'a d'ailleurs surprise car je trouve que l'auteur a un esprit vraiment novateur pour l'époque... alors qu'à la nôtre, ce genre de pratiques est monnaie courante.
Ce que j'ai apprécié, c'est qu'il prend le temps de planter le décor (même si c'est ce point qui m'a rebutée au début), ainsi que le passé de certains personnages. Le mystère s'épaissit donc jusqu'à aux dernières pages, qui apportent les réponses aux questions que l'on se pose à mesure qu'on avance dans le récit.

La touche fantastique arrive doucement d'abord, puis de façon plus spectaculaire. Et c'est là tout le charme de ce court roman (168 pages), ce qui fait que j'ai apprécié ce livre, malgré un début difficile.

Je n'ai pas eu de véritables atomes crochus avec les personnages, malgré leur passé développé pour certains d'entre eux (du moins deux). La brièveté du texte y est pour beaucoup, mais j'ai eu du mal avec eux car je trouvais que les traits de caractères n'étaient pas très mis en avant. C'est dommage car ils avaient beaucoup de potentiel.

C'est superbement bien écrit, avec un vocabulaire bien ancré dans l'époque, ce qui est déroutant durant les premières pages. Et finalement, on se laisse aller, on se laisse porter par le conteur qu'est Jules Verne et on embarque dans cette histoire. Au final, j'en suis ressortie très satisfaite !

Le château des Carpathes est un bon récit fantastique, avec une très belle plume et une histoire emplie de mystère. Les gros bémols sont des personnages peu attachants malgré leur background travaillé et un début laborieux.

dimanche 19 novembre 2017

Big Easy

HISTOIRE

Josie est une adolescente de 17 ans qui n'a pas la vie facile : sa mère est une prostituée et tout la pousse à suivre le même chemin. Mais elle refuse : elle souhaite quitter la Nouvelle-Orléans et entrer dans une prestigieuse université. Et elle va tout faire pour y parvenir !

CRITIQUE

Big Easy n'était pas un titre qui me tentait au départ ; il faut dire que l'Amérique des années 50 n'est pas ce qui m'attire dans un roman historique. Je préfère largement ceux qui se déroulent au Moyen-Âge et dans l'Antiquité.
Mais l'auteure ne m'était pas inconnue : j'avais lu Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre que j'avais adoré. C'est donc sur cette pensée positive que je me suis lancée.
Et je ne regrette pas car j'ai passé un excellent moment !

Nous sommes à la Nouvelle-Orléans, dans les années 50. Josie, 17 ans, ne veut pas finir comme sa mère, à savoir prostituée. Elle va alors tout faire pour sortir de sa condition et accomplir son rêve : faire ses études dans la prestigieuse université Smith.

Ici, pas d'éléments fantastiques : j'avais peur de m'ennuyer durant ma lecture. Et ce ne fut pas le cas !
Déjà, on est plongé dans un contexte très spécifique : celui de la prostitution. La mère de l'héroïne est une prostituée et cette dernière travaille en tant que femme de ménage dans un bordel. La grosse joie, quoi !

J'ai trouvé l'immersion très réussie ; les descriptions, les dialogues et la narration font qu'on se plonge très vite dans ce quartier et qu'on découvre rapidement les us et coutumes des uns et des autres. Une plongée au cœur de la Nouvelle-Orléans des années 50 qui m'a donnée envie de m'informer davantage sur cette période historique américaine !
On sent que Ruta Sepetys s'est beaucoup documentée pour nous fournir un texte aussi immersif et c'est incontestablement le gros point fort du roman !

L'histoire en elle-même est un régal à suivre : entre enquête policière (puisqu'un meurtre a lieu), estime de soi, une pincée de romance, un milieu très particulier, le tout accompagnés de personnages savoureux et de références littéraires et vous avez un récit qui vous transporte ailleurs et qui ne vous ennuie pas une seconde !

J'ai adoré les références littéraires dont sont truffés ce roman. Car, en plus de travailler dans un bordel en tant qu'aide-ménagère, Josie bosse également dans une librairie. L'auteure en profite ainsi pour nous offrir de belles références littéraires de l'époque, sans jamais alourdir le texte et sans en faire trop. En tant que lectrice, je n'ai pu être que séduite par ce procédé !

Josie est une jeune fille qui m'a énormément plue. Ça fait du bien de suivre une héroïne qui ne tombe (presque) pas en pâmoison à chaque fois qu'un mec (ou deux) est (sont) dans les parages. Elle sait ce qu'elle veut et va tout faire pour atteindre son objectif : intégrer l'université Smith.
Car Josie ne veut pas finir comme sa mère ; elle souhaite quitter la Nouvelle-Orléans et faire de grandes études, malgré l'opposition de certaines personnes de son entourage (Willie, notamment). Elle se révèle très débrouillarde, même si je n'ai pas toujours approuvé ses choix (je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler).

Pas mal de personnages gravitent autour de l'adolescente, et certains m'ont davantage plu que d'autres, comme Willie. Véritable pilier dans la vie de Josie, c'est une femme incroyable, avec son fichu caractère. Elle m'a presque semblé une mère de substitution pour l'héroïne (sa vraie mère est haïssable au possible) et m'a beaucoup touchée.
Cokie, le chauffeur de Willie, m'a aussi énormément touchée. De part son caractère et son accent, ses interactions avec Josie sont succulentes !

On a aussi Patrick, un de ses amis, tenancier de la librairie, aussi passionné de livres qu'elle. Ils échangent sur leurs lectures, mais doivent aussi gérer la boutique, ainsi que Charles, le père de Patrick, qui souffre de problèmes de santé.
Jesse n'est pas en reste, même s'il reste plus en retrait par rapport à ceux déjà cités. Il m'a donc moins plue mais lui aussi va se révéler un allié précieux pour Josie.

On a aussi en vrac les prostituées qui travaillent pour Willie, chacune avec leur trait de caractère ; Frankie, qui sait tout sur tout ; ou encore Charlotte, aux antipodes de Josie (surtout du point de vue social) qui va tout faire pour pousser cette dernière à suivre ses rêves.

Bref, une galerie de personnages vivants et attachants que j'ai pris plaisir à suivre. Ruta Sepetys apporte un soin particulier à chacun d'entre eux, malgré leur nombre plutôt conséquent, ce qui fait qu'on n'est jamais perdu et qu'on se rappelle d'eux.

Comme je l'ai écrit plus haut, c'est très immersif et bien écrit. On sent que Josie adore lire car elle possède une plume, une façon de s'exprimer incroyable ; la narration à la première personne du singulier sert très bien le texte car on découvre les nouvelles et les révélations en même temps qu'elle. Cela la rend encore plus attachante !

J'en attendais pas grand chose de Big Easy et finalement, c'est une très belle surprise ! Ruta Sepetys est assurément une auteure à suivre ; elle a le don de nous plonger dans ses romans historiques et de proposer des personnages vivants et une superbe plume !

samedi 18 novembre 2017

L'homme qui voulait être heureux

HISTOIRE

Un touriste vient voir un vieux guérisseur, impressionné par sa réputation. S'ensuivent alors des discussions et des épreuves qui vont transformer le jeune homme.

CRITIQUE

De Laurent Gounelle, j'ai lu Et tu trouveras le trésor qui dort en toi. J'avais bien aimé cette lecture, malgré les conditions désastreuses dans lesquelles je m'y suis plongée.
Pour celui-ci, je l'ai lu bien plus tranquillement. Et, à l'inverse, j'ai pas du tout aimé !

On découvre Julian, professeur, qui veut rencontrer un guérisseur très réputé. Ce dernier va lui apprendre pas mal de choses et va lui faire passer quelques "devoirs", dans le but qu'il puisse évoluer sa pensée...

Le premier problème que je relève est la brièveté du récit : à peine 168 pages. Et comme c'est très court, on pose des bases scientifiques, psychologiques sans jamais les approfondir. C'est dommage car certains points très intéressants méritaient vraiment d'être davantage développés (je pense aux passages avec les placebos).

Ceci dit, les fameux points psychologiques en question ne sont finalement pas si nouveaux que ça. Ce que je veut dire par là ? Disons que si vous vous intéressez un minimum au social, alors les dires de l'auteur dans ce roman vont sûrement vous évoquer quelque chose.
Pour ma part, j'avais déjà eu vent des dires du guérisseur au travers de mes expériences et de mes lectures sur les sujets abordés. Du style : "Nous sommes maîtres de notre destinée", "On a toujours le choix", "On renvoie une image de nous aux autres", etc.
Bref, rien de nouveau sous le soleil.

Et c'est (presque) pareil en ce qui concerne la science.
Je dis "presque" parce que, pour reprendre les passages sur les placebos, je ne me rappelais plus à quel point les croyances peuvent avoir un énorme impact sur les gens. Après tout, il reste encore tellement de zones d'ombres concernant la psyché humaine...
Par contre, j'ai remarqué un truc : le guérisseur nous parle pas mal d'expériences scientifiques, sans jamais citer ses sources. Je ne doute pas que Laurent Gounelle ait fait un travail de recherche considérable concernant ces expériences, mais quand même, il aurait pu au moins citer un site et/ou un livre... Mais c'est mon côté "documentaliste" qui ressort, c'est pour cette raison que j'en parle dans cette chronique.

Pour le reste : comme je l'ai écrit plus haut, c'est tellement court qu'on n'a pas le temps d'assimiler une chose qu'on passe à la suivante. Du coup, ça m'est passé complètement à travers, en plus d'avoir déjà entendu ou lu certains trucs quelque part.

Et c'est pareil pour les personnages. Ils sont soit antipathiques, soit clichés.
Julian, notre narrateur est totalement antipathique. Non seulement il s'étonne des dires du guérisseur (le gars est censé être prof et il a jamais entendu parler du fait qu'on renvoie une image aux autres ?! Il a jamais suivi de cours de psychologie durant ses études ou quoi ?!), mais devient à la fin du roman très imbu de lui-même et se permet de juger les autres sur base de simples observations (cf. scène du café-glacier).
Et je m'interroge du coup sur le but véritable de ce livre : à quoi ça sert de vouloir améliorer quelqu'un si c'est pour le rendre arrogant à la fin de l'histoire ? Ça n'a pas sens et ça loupe complètement le coche.

Quand au guérisseur, il passe son temps à nous abreuver de phrases toutes faites, sans surprise et sans citer ses sources. Bref, j'en retiens rien de spécial le concernant ; je l'ai même trouvé assez cliché par moments.

Il faut quand même reconnaître que L'homme qui voulait être heureux est un roman très accessible, très simple à comprendre. Il peut poser les bases pour commencer des livres sur le développement personnel, mais en ce qui me concerne, ça a un goût de trop peu.

Une lecture très décevante, avec une histoire banale, saupoudré de détails scientifiques et/ou psychologiques dont je connaissais déjà l'existence, ajouté à des personnages soit clichés ou pas du tout attachants.
C'est un bon point de départ en matière de développement personnel, certes, mais si je veux me lancer dans ce genre de lectures, ce n'est clairement pas ce que je recherche.

jeudi 16 novembre 2017

Moi et Becca

HISTOIRE

Une nouvelle élève arrive au pensionnat de Manderley. Elle est très vite prise en grippe par les autres élèves car elle "remplace" Becca, une étudiante adulée par tous, qui a mystérieusement disparu. Que lui est-il arrivé ? C'est ce que notre héroïne va tenter de découvrir...

CRITIQUE

En parcourant ma PAL, je suis tombée sur ce titre et le résumé m'a de suite tapée dans l’œil. Et qu'est-ce que ça donne à l'arrivée ? Une lecture assez médiocre, malgré quelques petits points positifs.

Déjà la particularité de ce roman, c'est que l'héroïne n'est jamais nommée. Elle est toujours appelée "la nouvelle" par ses camarades ou "ma grande" par ses parents. C'est la toute première fois que je lis un livre où l'auteure ne fournit pas le prénom du personnage principal. Ceci n'est qu'un détail, cela ne m'a pas dérangée ; mais je trouve que c'est un détail plutôt sympa !

On suit donc notre adolescente dans sa nouvelle année à Manderley où elle s'aperçoit très rapidement que l'endroit est "hanté" (si je puis dire) par l'aura de Becca, une jeune demoiselle qui a disparu du jour au lendemain, sans laisser de trace. Elle était totalement adulée, traitée comme une reine et sa disparition jette un froid parmi les élèves. Au point qu'ils ne vont pas accueillir la nouvelle dans la meilleure atmosphère possible...

Dès le départ, on entre dans le vif du sujet avec la disparition de Becca. Et, comme l'héroïne, on se pose des questions sur elle. On veut savoir ce qui lui est arrivé et tenter de percer le mystère planant sur elle.
Et l'auteure a l'excellente idée de fournir deux narrations : la nouvelle, qui parle en "je" et Becca. On a deux narratrices qui racontent donc leur parcours à Manderley, à peu près à la même période de l'année.
On apprend dès lors à connaître les filles à mesure qu'on avance dans le bouquin. Et si la nouvelle m'a beaucoup plue au début, j'ai rapidement déchanté. Mais je reviendrais sur elle plus loin.

L'intérêt principal de l'intrigue réside dans l'idée de savoir ce qui s'est réellement passé la nuit où Becca a disparu. Et Paige Harbison sait instaurer une ambiance assez sombre, assez intrigante, ce qui fait qu'on dévore ce livre d'une traite.
Mais c'est malheureusement la seule chose positive que je retiens de l'intrigue, pour deux points : déjà, la fin.
Je m'attendais à un truc énorme, une grosse révélation et quand j'ai tourné la dernière page, je me suis dis : "Tout ça pour ça ?!". Énorme déception concernant la fin.

Le deuxième point concerne l'intrigue en général. Si on est intrigué par la disparition de Becca, tout le reste est finalement assez banal, voire sans surprise (la nouvelle qui se tape l'ancien copain de Becca... le genre de choses que vous devinez à l'avance).

Mais certains points de l'histoire m'ont semblé invraisemblable. Par exemple, l'adulation que vouent les élèves à Becca.
Qu'on admire une jeune fille visiblement très dévergondée... Bon, ça passe.
Mais cette manière de l'adorer comme ils le font... J'ai eu l'impression à certains passages de me trouver, non pas dans un pensionnat, mais dans une secte où Becca est le gourou. C'est juste incroyable ! Tellement que j'ai fini par ne plus y croire, tant que trouvais ce point gros comme une maison.

Il y a aussi le comportement des personnages qui ne m'a pas semblé crédible. Et ça tombe bien, on va en profiter pour parler d'eux.
Et bien sûr, on va commencer avec notre héroïne.
Au début, elle me plaisait bien. Elle semblait assez sûre d'elle, désireuse de suivre ses études et ne semblait pas se laisser démonter par les mauvais traitements des autres.
Mais plus on avançait, plus elle m'a parue "soumise". Je pense à la scène de la gifle : aucune réaction, aucun reproche, RIEN. Elle ne cherche pas vraiment à se défendre et a un comportement parfois curieux.
Par exemple, à un moment, elle dit qu'elle ne supporte pas l'alcool. Mais quelques chapitres plus loin, alors qu'elle le sait, elle ne trouve rien de mieux que de se bourrer, avec une jolie gueule de bois en prime le lendemain.
Sans compter le fait sa façon de décrire les garçons (leur torse surtout), comme si elle était en chaleur. Oui, j'ose l'écrire ; dès que le mec qu'elle aime est dans les parages, torse nu de préférence, c'est parti pour le festival des descriptions censés nous montrer que le gars est juste trop hot. Non, ça ne me plaît pas, ça ne m'émoustille pas et ça me fait lever les yeux au ciel !

Passons maintenant à Becca. Alors elle, c'est typiquement le genre de fille que je hais : manipulatrice, égoïste, séductrice (elle ne trouve rien de mieux que de briser une amitié en se tapant les deux garçons...), etc. Bref, la garce poussée à son paroxysme. En un mot : BEURK !

Quand aux garçons, Max et Johnny, je ne les ai pas aimé non plus. Si Max s'en sort un peu mieux, Johnny est le cliché du gars qui réfléchit plus avec son entrejambe qu'avec son cerveau. Là aussi, c'est un un gros BEURK pour moi.
Max est un peu mieux comme je viens de l'écrire, mais c'est toujours pas ça. Il trouve des excuses bidons pour ne pas sortir avec l'héroïne et a une bien curieuse façon de se comporter avec elle. Là encore, ça passe pas trop.

On a aussi Dana, la coloc de notre héroïne, qui a un sérieux problème psychologique. La meuf harcèle la nouvelle, l'humilie de plusieurs manières... On découvre à la fin du bouquin pourquoi elle a agit de cette façon, mais c'est juste pas possible ! Encore une fois, c'est pas crédible et cela la rend encore plus insupportable !

Je ne dirais rien concernant le style, puisqu'il n'a rien d'exceptionnel. Ça se lit vite et bien, mais là encore, y a rien de sensationnel à en tirer.

Malgré le mystère planant autour de la disparition de Becca et un côté "lecture détente" avec son style, ce livre reste médiocre sur bien des points : histoire pas originale et personnages totalement détestables.
Pourtant, j'en attendais pas grand chose, mais cela ne m'empêche pas d'être déçue !


mercredi 15 novembre 2017

Hanako, fille du soleil levant

HISTOIRE

Hanako, une adolescente de 13 ans, doit suivre des cours d'ikebana, imposés par son père. Mais cette dernière refuse et veut plutôt passer du temps avec ses amis.
Cependant, ces cours vont lui permettre d'en apprendre davantage sur elle-même et sur sa propre famille...


CRITIQUE

J'avais acheté ce livre pour la couverture et le résumé. Et je dois dire que j'ai plutôt apprécié l'ensemble, même si ce ne fut pas un coup de cœur.

On découvre donc Hanako, une jeune demoiselle de 13 ans, mi-japonaise mi-française, qui se voit imposer par ses pères des cours d'ikebana (l'art de fabriquer des compositions florales). Si elle refuse cette situation dans un premier temps, elle va peu à peu l'accepter et même finir par découvrir d'incroyables éléments sur sa propre famille...

L'histoire est plutôt agréable à suivre, même si pas exceptionnelle, et surtout, empreinte de quelques clichés.
L'intérêt principal du roman est de connaître les fameux secrets de la famille d'Hanako, notamment au travers d'une mystérieuse boîte détenue par le père et qui interdit à sa fille d'y toucher. Et naturellement, la curiosité de cette dernière va la pousser à découvrir le contenu de cette fameuse boîte.
Et je dois reconnaître que j'ai été agréablement surprise par les révélations finales ! J'avais quelques doutes à mesure qu'on avançait dans les investigations d'Hanako, mais quand même, je suis ressortie satisfaite.

On suit aussi ses amitiés, ses amours naissantes et ses différents cours ; sans compter sa volonté de percer le mystère entourant la boîte de son père.
Bref, c'est pas un récit empli d'actions ; on est clairement dans un roman contemporain où l'on découvre une tranche de vie, à la façon d'un journal intime... sauf que c'est écrit à la troisième personne. Mais le choix de la narration est un peu faussé je trouve, car j'aurais aimé connaître les autres personnages, voir les réactions de chacun au cours d'une même scène. Cela aurait rendu l'ensemble plus riche.

J'ai bien aimé aussi les références à la culture japonaise ; les cours d'ikebana évidemment, mais aussi le kendo et quelques termes utilisés qui correspondent d'ailleurs aux titres des chapitres. Astucieux, je trouve !

Par contre, on n'échappe pas aux clichés : genre la peste du collège qui a des vues sur l'amoureux de l'héroïne et qui va semer le doute chez elle à coup de piques bien senties. S'ensuivent alors les crises de larmes, d'hystérie, de doutes, et j'en passe.
C'est tellement éculé que ça en devient lassant. Et très chiant !

Concernant les personnages, à part Hanako, je n'ai pas eu d'affinité spécifique avec eux.
Hanako donc, est le personnage central, qui va apprendre un pan de la culture japonaise, mais aussi son passé familial. 
Si je l'ai trouvée cruche par moments (cf. les scènes où la peste lui balancent ses réflexions sur son copain et sur elle-même), je l'ai trouvée quand même attachante et j'ai pris plaisir à suivre son histoire.
Ses amis et sa famille gravitent autour d'elle, mais étant donné qu'on ne suit que l'adolescente dans sa quête de vérité et dans sa vie personnelle, ils restent en second plan. Dommage, car certains avaient le potentiel pour être vraiment intéressants et attachants (je cible surtout les parents).

C'est un texte court, plutôt agréable à lire, parfait pour les jeunes qui souhaitent découvrir un morceau de la culture japonaise. En ce qui me concerne, c'est trop peu bien sûr, mais c'est un excellent point de départ pour partir à la rencontre du Japon, même dans les très grandes lignes.

Hanako, fille du soleil levant est une lecture agréable, pas exceptionnelle, mais qui a le mérite de faire découvrir aux plus jeunes un peu de culture japonaise.

dimanche 12 novembre 2017

Le coma des mortels

HISTOIRE

Qui est Pierre ? Le sait-il lui-même ? Une chose est sûre : on meurt autour de lui. Et rarement de mort naturelle...

CRITIQUE

J'avoue avoir pris ce livre un peu au hasard, même si cela fait quelques mois que j'ai lu Chattam avec Que ta volonté soit faites. Mais si ce titre m'avait bien plu, il n'en n'est rien pour Le coma des mortels. Histoire, personnages, style : rien ne va dans ce roman.

Pour commencer, l'auteur nous annonce que ce roman n'est pas un thriller, malgré ce qu'en dit l'éditeur. Et je confirme : ce n'est pas un thriller. Du coup, durant toute ma lecture, je me suis demandée ce que je lisais exactement.

Un policier ? Non, les meurtres ne sont pas assez mis en avant. Un contemporain ? Non plus. Un roman noir ? Si oui, c'est raté (pour moi en tout cas).
Alors, qu'est-ce donc ? Et de quoi ça parle ?

De Pierre, de Pierre et encore de Pierre. En fait, durant 389 pages, on suit un gars dans un trip narcissique-religieux-philosophique, qui nous raconte sa vie et qui se plaint d'être soi-disant "maudit", sous prétexte que les gens qu'ils côtoient meurent.
Mais surtout, il nous abreuve de réflexions sur l'amour, l'amitié, la société actuelle et autres choses à coups de marteaux, sans aucune subtilité. Cela donne naissance à un type insupportable, qui croit connaître la Vérité, qui veut nous apprendre la vie alors qu'il est superficiel et obsédé par la baise (pour lui, un homme ne vit que pour ça) et par la vie de luxe.
Déjà, ce point m'a horripilée au plus haut point !

Et si seulement ce n'était que le seul souci de l'intrigue ! Car on parle quand même de morts peu naturelles dans la quatrième de couverture. On imagine donc une sombre histoire de meurtres. Alors oui, y en a, mais ils sont tellement noyés dans tout ce gloubi-boulga de discours pompeux et de racontage de life que finalement, ils sont en mode "on s'en bat le steack". Et quand finalement, le twist final arrive, c'est tellement énorme qu'on n'y croit pas du tout. Et c'est pareil pour la grande majorité de l'histoire (par exemple, le Pierre drogue des animaux pour être plus pépère au boulot... Non seulement, personne ne s'en rend compte - ou presque - mais on frôle la maltraitante animale !). Et le revirement avec Antoine est tout aussi incroyable qu'incrédule. Je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler.

Si l'histoire ne m'a pas plu, les personnages encore moins !
Pierre est détestable au possible, entre son cynisme chiant et ses états d'âme. Mais il me fait l'impression d'être un ado qui a tout compris à la vie alors que nous, lecteurs, pourrions être ses parents. A gerber !
Concernant les autres... Je ne suis pas contre les personnages originaux et excentriques, mais là, trop, c'est trop ! Entre la nymphomane, la véto zoophile, le psy un peu cinglé sur les bords et j'en passe... On est servi ! Personne n'est attachant, mais chacun d'eux donne lieu à des scènes surréalistes, comme la scène de sexe dans un cimetière. Oui, vous avez bien lu : une scène intime dans un cimetière ! On croit rêver !!! Ce n'est pas sexy, ni excitant, c'est juste glauque !!!!!

Et le style n'arrange rien ; comme je l'ai écrit plus haut, Pierre nous abreuve de discours qui, pour lui, sont la Vérité absolue et indiscutable, sans compter ses réflexions philosophiques sur beaucoup de sujets... Cela rend le livre pompeux et indigeste. Cela me désole d'autant plus que le dernier livre lu de Chattam ne m'avait pas fait cet effet.

Entre une histoire peu intéressante, des personnages détestables et un style pompeux, ce roman n'a rien pour lui. Mais je ne perds par espoir avec cet auteur car je sais qu'il a une dizaine de livres à son actif et que j'ai envie d'en lire certains. Mais pour celui-ci, c'est un ÉNORME flop !

samedi 11 novembre 2017

Quand vient l'orage

HISTOIRE

Antoine et ses parents passent leurs vacances dans un petit village, près des montagnes. Le jeune garçon a une cheville bandée, mais cela ne l'empêche pas de découvrir l'histoire locale et surtout, une légende qui circule depuis des siècles au sein des rues. Très vite, il décide d'enquêter sur cette légende qui le mènera au-delà du réel...

CRITIQUE

Le titre et la couverture me donnaient très envie de me replonger dans la lecture et j'ai bien fait : ce roman m'a fait passer un excellent moment !

On suit Antoine et ses parents, passant leurs vacances dans un village se situant près des montagnes. Là, l'adolescent découvre une légende qui hante les rues et les vies des habitants depuis des siècles. Il va enquêter sur cette légende ; cela va le mener bien plus loin que ce qu'il avait imaginé...

Ce qui m'a attirée, c'est le titre, la couverture, mais surtout le pitch de base. Et après lecture, je suis conquise !
L'auteure nous propose une histoire voguant entre réalité et imaginaire, au travers du texte qu'écrit Antoine (puisqu'il voudrait être écrivain) et de ce qu'il vit. Le tout mâtiné du suspens et de mystère.

J'ai trouvé que tout était amené en douceur, sans précipitation. Cela laisse du temps pour découvrir les personnages et s'attacher à eux. Mais même si Marie-Hélène Delval nous prend par la main et nous guide, elle sait aussi accrocher le lecteur. Le premier chapitre donne ainsi le ton et le lecteur n'a qu'une envie : découvrir le texte ! En tout cas, en ce qui me concerne, ça a marché.

Tout est dosé : mystère, suspens, fantastique. On est curieux de connaître la suite, ce qui fait que ce roman est un vrai page-turner. Quand j'ai vu que la narration était à la troisième personne, j'ai eu peur car je craignais de gros spoilers qui gâcheraient l'ensemble du récit. Mais, heureusement, ce n'est pas le cas : on ne suit pas qu'Antoine, on a aussi quelques passages qui mettent en lumière ses parents et les habitants du village qu'on rencontre. Le puzzle se complète petit à petit, apportant finalement son lot de révélations à la fin du livre.

Je reconnais cependant que la résolution finale me semble un peu facile ; mais je pardonne ce défaut, au vu de l'histoire, très bien construite.

Les personnages sont plutôt bien menés, mais évidemment, le plus développé d'entre eux est Antoine.
Cet adolescent rêve de devenir écrivain et son genre de prédilection est le fantastique. Son imagination débordante va le pousser à s'intéresser à la légende locale et le mener vers une aventure incroyable.
Je me suis attachée et reconnue en ce garçon assez aventureux et souvent dans son monde. J'ai adoré le suivre dans ses pérégrinations et ses "délires" d'écrivains.

Concernant les autres personnages, j'ai beaucoup aimé les parents aussi, même si je ne me pas autant attachée à eux qu'à leur fils. Idem pour les quelques habitants qui croisent leurs routes. Mais ils vont tous apporter leur rôle dans l'intrigue.

J'ai adoré aussi le style d'écriture. Ce qui est génial dans ce roman, c'est le texte de Marie-Hélène Delval, mélangé avec celui d'Antoine, qui nous offre les prémices de son premier roman. C'est très bien écrit et immersif. Les descriptions ne sont pas nombreuses, mais vu la façon de raconter de l'auteure, on est totalement plongé dans le contexte. On est donc d'autant plus happé dans l'histoire.

Un roman fantastique très bon, avec une histoire mystérieuse et passionnante, malgré une fin facile, des personnages attachants et une très belle écriture !

lundi 15 mai 2017

C'est Lundi, que lisez-vous ? (9)


Bonjour tout le monde !

On se retrouve pour le rendez-vous du Lundi où je vous présente mes lectures passées, présentes et futures !

C'est parti !

1. Qu'ai-je lu la semaine dernière ?


  • Les Pluies, tome 1 => Un superbe roman post-apocalyptique sur la survie, l'espoir mais aussi l'amour et la fraternité. Vu comment ce premier volet se termine, je suis curieuse de voir ce qui va se passer dans le tome 2 !

2. Que suis-je en train de lire ?


Hanako, fille du soleil levant d'Elodie Loch-Béatrix. Un livre jeunesse qui a l'air très sympa ; en tout cas, je suis amoureuse de la couverture !

3. Que vais-je lire ensuite ?

Je n'ai pas prévu de lectures pour cette semaine.

On se dit à très bientôt pour le prochain numéro du Lundi !

vendredi 12 mai 2017

La femme sans tête

HISTOIRE

Nous sommes à Paris, en 1581. Jean de Moncel, jeune commissaire, est sur la trace d'un tueur de prostituées. Le corps de l'une d'elles, décapitée, le conduit chez un étrange personnage : Théophraste le Noir et sa fille, Sybille, tous les deux alchimistes...

CRITIQUE

La couverture et le résumé m'intriguaient fortement ; et heureusement que je l'ai emprunté au lieu de l'acheter, parce que c'est un énorme flop !

Le roman se passe à la fin du 16ème siècle. Jean de Moncel, notre commissaire, enquête sur plusieurs meurtres de prostituées. L'une d'elles va le mener sur les trace de l'alchimie et surtout dans un curieux domaine : celui de Théophraste le Noir et sa fille, Sybille.

Ce qui au départ devait être une enquête intéressante sur cette série de meurtres ne l'est finalement pas tant que ça. De plus, on se centre énormément sur Théophraste et Sybille, des personnages pas forcément attachants. 
L'enquête en elle-même n'est pas super top et est finalement expédiée en deux temps, trois mouvements. Le contexte historique explique pas mal de choses, certes, mais j'ai trouvé ça vraiment nul !

L'aspect historique, justement, est sans doute le gros point positif du récit : l'auteure sait bien nous plonger dans le contexte et ses descriptions donnent envie de s'attarder dans certaines rues... et d'autres pas !

L'histoire est donc centrée sur deux éléments : l'enquête et l'alchimie. Si j'ai déjà donné mon avis sur le premier point, le deuxième n'est pas aussi passionnant !
Je pensais que l'alchimie serait traitée d'une façon assez abordable pour des non-initiés, mais pas vraiment. On parle de beaucoup d'éléments, sans jamais aller jusqu'au bout des choses. On a quelques explications bien entendu, mais c'est pas suffisant. Les objectifs de Théophraste restent très obscurs une bonne partie du récit. Et même après avoir terminé le livre, je ne me souviens pas du tout de son but final. C'est dire à quel point cette lecture ne m'a pas marquée...

Pour en revenir à l'histoire en elle-même, l'ensemble est très fade : je me suis ennuyée jusqu'à la dernière page. Tout est survolé : on n'a pas le temps de se poser des questions qu'on passe à la scène suivante. C'est très déstabilisant, même si cela s'explique par le nombre de pages (306 en tout). Cela donne donc peu de place à l'auteure pour aller jusqu'au bout des choses...

Les personnages ne s'en sortent pas mieux. Aucun n'est attachant, à défaut d'être vraiment développé.
La famille Noir en est le parfait exemple. Que ce soit le père ou la fille, les deux sont assez étranges : entre le premier avec ses objectifs flous et la deuxième un peu gnan-gnan, c'est pas gagné !
On a aussi Jeanne et Jacob qui vivent dans le domaine des Noir, en tant que serviteurs. Ces deux-là non plus ne sont pas très attachants, même s'ils ont des caractères plus chaleureux que leurs maîtres.
Jean de Moncel est sans doute celui qui s'en sort le mieux, même si c'est toujours pas ça. Il mène son enquête très à cœur et a des principes, ce qui est plutôt rare dans le milieu dans lequel il vit.

Le style est assez plaisant, même si je n'en retiens rien d'exceptionnel. Comme je l'ai écrit plus haut, Viviane Moore sait immerger son lecteur dans le contexte de l'époque. Dommage que le reste ne suit pas...

Un policier historique pas très plaisant, où tout est survolé : histoire, enquête... Sans compter les personnages pas du tout attachants et peu développés.

mercredi 10 mai 2017

Là où tombent les anges

HISTOIRE

Solange, une jeune fille de 17 ans, quitte un père brutal pour tenter sa chance à Paris. Là, elle rencontre Robert Maximilien, qui deviendra son époux par la suite.
Très vite, ce dernier se révèle très autoritaire et se sert de sa femme pour l'exhiber durant les soirées mondaines.

Mais la Première Guerre Mondiale approche et Robert est envoyé au front. Commence alors pour Solange le lent parcours pour regagner l'estime d'elle-même...

CRITIQUE

J'ai découvert ce titre grâce à Mélisende et je voulais donc le lire à mon tour. Etant très friande des romans historiques, le pitch ne pouvait que m'intéresser.
Et effectivement, j'ai passé un superbe moment avec Solange, Lili, Clémence et leurs proches !

La Première Guerre Mondiale approche à grands pas. Le mari de Solange, notre héroïne est envoyé au front. Cette dernière va petit à petit reprendre goût à la vie et surtout, prendre sa place dans une société où les femmes vont peu à peu remplacer les hommes.

Dit comme ça, cela peut sembler très féministe. Je ne l'ai pas ressenti tel quel, mais il est vrai que l'auteure accorde une place très importante aux femmes, puisque ces dernières remplacent les hommes, partis se battre sur le front.

J'ai adoré cet aspect, finalement peu abordé en littérature, du premier conflit mondial, où on se retrouve à l'arrière des tranchées. Les femmes s'émancipent peu à peu, notamment en exécutant des tâches normalement réservé au "sexe fort". Et elles se rendent compte qu'elles peuvent effectuer un travail tout aussi efficace qu'eux. Les premières revues féministes vont alors leur apparition et vont provoquer bien des remous au sein de la population.

Mais n'oublions pas que Là où tombent les anges raconte avant tout l'histoire de trois femmes : Solange, Lili et Clémence.
La première s'émancipe petit à petit lors de l'absence de son mari violent et contact notamment de la tante Emma ; la deuxième est plus "volage" et chante régulièrement dans des cabarets ; et la troisième attend désespérément le retour de son mari, parti également dans les tranchées.
Elles sont toutes plus attachantes les unes que les autres : et le génie du récit, c'est d’alterner roman "classique", coupures de presse et roman épistolaire. Cela permet d'avoir une vue d'ensemble des événements et de ne pas s'attarder sur un personnage en particulier, d'autant plus que le roman s'étale sur plusieurs années.

J'ai adoré Solange ; elle n'hésite pas à quitter son foyer et son père très brutal pour tenter sa chance à Paris. Là, elle écume les bals avec sa meilleure amie, Lili, mais son angoisse d'un lendemain sans avenir la pousse dans les bras de Robert Maximilien. Ce dernier va, après leur mariage, se révéler tout aussi brutal que le paternel, en plus d'être jaloux et de vouloir tout contrôler.
Jusqu'au jour où il est envoyé au front. A partir de là, Solange qui était totalement repliée sur elle-même va peu à peu se rouvrir au monde et faire des choses sur le dos de son mari.
Bon, ça se pas en un coup bien sûr ; l'auteure y va progressivement et c'est le deuxième point fort du bouquin. Rendre un personnage abîmé par la vie plus "ouvert" et qui va surtout accomplir des choses qu'il ne se pensait pas capable de faire.
Solange devient donc une femme de plus en plus épanouie au fur et à mesure que le temps passe, au gré de ses rencontres et de ses discussions avec la tante Emma, qui ne va pas se révéler si acariâtre que ça.

J'ai aussi beaucoup aimé ce personnage qui va devenir un vrai pilier pour Solange. Elle devient presque maternelle avec elle et va nous révéler des choses étonnantes sur son passé.

Lili, la meilleure amie de Solange, est son exact opposé. Elle court les cabarets, elle chante et tombe souvent amoureuse... Bref, une demoiselle libre, malgré sa situation précaire. Elle ne comprend d'ailleurs pas les choix de Solange et va tenter à plusieurs reprises de lui ouvrir les yeux sur sa situation, voire de l'aider à s'en sortir.
Je l'ai moins appréciée que Solange, parce que j'aime pas trop les personnages trop "dévergondés". Mais comme pour la tante Emma, elle va se révéler être une aide précieuse pour Solange.

Clémence est mon deuxième perso préféré du trio. Elle se révèle très forte, accomplissant un travail de dingue, durant des dizaine d'heures par jour pour un salaire de misère. Une femme très anxieuse depuis que son mari, Pierre, est également parti au front. Les lettres qu'ils s'échangent sont d'ailleurs hyper touchantes et montrent deux réalités différentes de la guerre : celle des tranchées et celle de l'arrière.

La plume de Charlotte Bousquet est tout simplement superbe. Elle décrit très bien les conditions de l'époque et nous immerge totalement dans le quotidien d'avant et pendant la guerre. Un récit où les femmes prennent clairement le pouvoir et nous narre leur histoire d'avant et durant ce terrible conflit.

Un récit historique mené d'une main de maître, qui nous dépeint une Première Guerre Mondiale du point de vue des femmes (trois précisément). Une magnifique histoire que je vous invite chaleureusement à lire !

mardi 9 mai 2017

La malédiction Grimm

HISTOIRE

Elizabeth Drew, une ado de 15 ans, accepte un poste dans une bibliothèque qui ne va pas se révéler être une bibliothèque ordinaire.
Car on peut emprunter des objets divers et variés, quels qu'ils soient : instruments de musique, ustensiles de cuisine, chapeaux, robes, etc.
Parmi toutes ces collections, se trouve l'une des plus prestigieuses et des plus étranges : la collection Grimm. Elle renferme tous les objets des plus célèbres contes de fées : le miroir de la belle-mère de Blanche-Neige, les bottes de sept lieues, etc.
Mais une personne malveillante cherche à s'emparer de la collection Grimm et veut nuire à ses protecteurs...

CRITIQUE

J'ai commencé la lecture de ce roman des années auparavant, mais je n'ai malheureusement pas eu le temps de le terminer. J'ai alors pris mon courage à deux mains pour tenter de le lire une deuxième fois, et ça a payé : j'ai passé un bon moment, même si ce n'est pas aussi exceptionnel que ce que à quoi je m'attendais.

On découvre donc Elizabeth, notre narratrice, qui va se lancer dans un poste dans une étrange bibliothèque, poussée par son professeur d'histoires. Là, elle fait la connaissance de curieux personnages et va vite se rendre compte que certaines collections sont plus privilégiées que d'autres. Tel est le cas de la collection Grimm, qui semble d'ailleurs attiser bien des convoitises...

Vous l'avez sûrement compris par le titre, on nage en pleine réécriture de contes de fées. Ici, l'auteure reprend ceux des frères Grimm et les mélange pour les intégrer dans notre monde contemporain. Les objets des contes connus et moins connus sont répertoriés dans la bien nommée collection Grimm. On peut bien évidemment emprunter les objets, mais pas sans risque, et surtout pas sans conséquences...

C'est d'ailleurs le gros point fort de ce bouquin : l'univers des contes est parfaitement intégré dans notre univers, à tel point qu'ils font quasiment partie du quotidien ! On n'oublie pas bien sûr leur utilité magique... Et c'est précisément tout l'enjeu du récit.

Car durant la lecture, on se rend vite compte que la collection Grimm est prise pour cible. On ne sait pas par qui, mais les magasiniers remarquent depuis quelques temps des disparitions inquiétantes, des anomalies dans la collection Grimm et l'apparition d'un étrange oiseau qui semble nuire à tous ceux qui croisent son chemin...
Bref, on nous pose les bases d'une histoire inquiétante, teintée de curiosité (pour la bibliothèque où atterrit Elizabeth) et de fantastique (les objets des contes).

Pourtant, passé la moitié du récit, j'ai senti que je décrochais. Passé le cap de la découverte où j'avais, limite, des étoiles plein les yeux au vu des descriptions fournies par Polly Shulman, j'ai eu du mal à rester dans l'histoire.
Sans doute parce que le récit partait dans un truc auquel je ne m'attendais pas du tout. Cela m'a surprise, mais dans le mauvais sens. J'ai trouvé qu'on partait un peu dans tous les sens et cela m'a déstabilisée. Du coup, j'ai lâché un peu l'affaire, même si je voulais savoir comment l'auteure allait terminer son livre.
Je suis assez satisfaite de la fin... pas vraiment digne d'un conte de fées, mais c'est pas grave. Après tout, ça reste finalement une fin en somme toute basique...

Les personnages sont sympas, même s'ils ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable.
Elizabeth, la narratrice, reste encore la seule pour laquelle j'ai éprouvé le plus de sympathie. Elle nous raconte tout, avec sa vision des choses. On sent surtout son émerveillement du début face à ses découvertes des différentes collections, ses sentiments et ses émotions.
La plus sympa donc, à défaut d'être attachante.

On a Anjali, sans doute celle que j'ai eu le plus de mal à cerner. Elle se montre cool bien sûr, mais y a ce petit quelque chose qui fait que ça n'a jamais marché avec moi.
Idem concernant les deux garçons, Marc et Aaron, deux clichés sur pattes : le beau gosse sportif d'un côté et le ténébreux de l'autre...
Je trouve que les personnages secondaires ne sont pas très travaillés. Cela explique du coup mon manque d'empathie vis-à-vis d'eux.

En revanche, j'ai adoré la plume de Polly Shulman. Elle sait transporter son lecteur dans un monde féerique, par ses descriptions et aussi par l'action. On est happé dès le début, pour ne plus lâcher le bouquin avant la dernière page.

La malédiction Grimm est une découverte très sympathique, avec une réécriture très bien réalisée des contes des frères Grimm. L'auteure a d'ailleurs la bonne idée de parler de leurs contes connus et beaucoup moins connus, ce qui apporte un petit plus au roman.
Je regrette juste des personnages peu travaillés et une histoire qui a finit par me décrocher, suite à une deuxième partie qui part un peu en vrille.

dimanche 7 mai 2017

C'est Lundi, que lisez-vous ? (8)


Bonjour tout le monde !

On se retrouve aujourd'hui pour le rendez-vous du Lundi où je vous présente mes lectures passées, présentes et futures.

C'est parti !

1. Qu'ai-je lu la semaine dernière ?


  • La malédiction Grimm => Un récit très sympa qui reprend bien les éléments des contes des frères Grimm, connus et moins connus.
  • Là où tombent les anges => Un roman historique mettant en scène plusieurs femmes avant, pendant et après la Première Guerre Mondiale. Une lecture tout simplement superbe !
  • La femme sans tête => Un polar historique très fade avec des personnages creux et un style pompeux.
  • Elia, la Passeuse d'Âmes, tome 1 => Un premier tome dystopique avec une héroïne ultra attachante et un univers sombre, même si pas original. Mais, vu comment ça se termine, j'ai hâte de lire le tome 2 !


2. Que suis-je en train de lire ?


Les Pluies, tome 1 de Vincent Villeminot. J'ai hâte de voir ce que ce roman vaut ; en tout cas, le pitch semble très prometteur !

3. Que vais-je lire ensuite ?

Je n'ai pas prévu de lectures pour cette semaine.


Voilà, on se dit à la prochaine pour le rendez-vous du Lundi !

jeudi 4 mai 2017

[Bilan] Avril 2017


Hello tout le monde !

Aujourd'hui, on se retrouve pour le bilan livresque du mois d'Avril. Et je suis vraiment satisfaite : j'ai lu 23 livres. Et pour la première fois, depuis que j'ai repris la lecture, j'ai eu un coup de cœur pour un manga.
Avril a aussi été l'occasion de me remettre aux mangas et de découvrir des séries très sympas (sauf une). Du coup, cela me donne envie de poursuivre mes lectures de livres graphiques, y compris les bandes dessinées.

On va commencer de suite !


FLOPS

  • Maya Fox, tome 1 : La Prédestinée => L'histoire est très introductive et pas très intéressante. Les personnages ne sont pas très travaillés et les relations sont traités d'une façon WTF.
  • Le Clan de la Louve, tome 1 => Un roman qui met en scène des sorcières, mais l'héroïne, supposée intelligente, ne l'est pas tant que ça. Et la bataille finale en deux pages, non merci !
  • Hantée, tome 1 : Les Ombres de la ville => Le roman avait de quoi créer une ambiance sombre, ce qui est plus ou moins le cas. Mais ça reste finalement basique dans l'ensemble, les personnages sont sympas, mais sans plus. Sans compter Jack l'Eventreur utilisé à des fins purement commerciales.
  • L'auberge du mystère => Le plus gros flop du mois d'Avril. Tout est survolé : histoire, ambiance, personnages. L'enquête est résolue en deux temps, trois mouvements. Quand à la romance, je la définirais en un seul mot : BEURK !!!!!
  • Le sixième sommeil => Si les 100 premières pages sont plaisantes à lire, le reste part dans un trip totalement WTF qui m'a définitivement perdue. C'est dommage parce qu'avec un sujet aussi fascinant que le sommeil, y avait de quoi faire.
  • Liselotte et la forêt des sorcières, tome 1 => Un manga graphiquement très joli, mais encore une fois, c'est très introductif et il ne se passe pas grand chose. Sans compter l'héroïne très cruche.

BELLES DECOUVERTES

  • Le nouveau Petit Chaperon Rouge => Un livre d'images assez sympa, reprenant l'histoire du Petit Chaperon Rouge d'une manière parodique.
  • De la part du diable => Un roman historique assez sombre, sur fond de chasse aux sorcières.
  • Les Ailes d'Alexanne, tome 2 : Mikal => Un deuxième tout aussi sympa que le premier, mais les facilités scénaristiques sont encore plus grosses, renforçant l'aspect "jeunesse" de la saga.
  • Anna et le French Kiss => Une romane contemporaine toute mignonne, servie par des personnages attachants.
  • Je ne sais plus pourquoi je t'aime => Une ado remet sa vie en question suite à son amnésie. C'est pas original, y a des éléments qu'on devine facilement, mais ça se laisse lire et on passe un bon moment.
  • Bride Stories, tome 1 => Un manga très détaillé au niveau des dessins et l'histoire, proche du documentaire, se lit avec plaisir !
  • Populaire : l'histoire vraie d'une geek devenue reine du vintage => Une biographie qui met du peps et qui donne le sourire !
  • Fais-le pour maman => Un thriller là encore assez classique sur son fond, mais qui donne malgré tout envie de le lire jusqu'au bout.
  • Orange, tome 1 => Un manga qui pose question sur les conséquences de nos agissements sur le futur. Les dessins sont très jolis et les personnages sont hyper vivants et attachants.
  • The Walking Dead, tome 1 : Passé Décomposé => Le comic prend un chemin radicalement différent de la série TV, mais c'est sympa. Sans plus.
  • Que ta volonté soit faite => Un roman dérangeant, mettant en lumière notre fascination pour le mal.
  • Comme un conte => La Faërie est traitée à la fois d'une façon "fantastique" et "scientifique". Le roman dégage malgré tout un parfum de mélancolie, offrant une fin à la fois belle et triste.
  • Et tu trouveras le trésor qui dort en toi => Un livre qui remet en question nos certitudes, notamment par rapport à la religion.

TOPS

  • Le Puits des Mémoires, tome 2 : le Fils de la Lune => Un deuxième volet encore meilleur que le premier, avec son lot de révélations et de rebondissements !
  • The Lying Game, tome 1 : Tu es moi => Enorme surprise de ce mois, voilà un thriller jeunesse qui ne vous lâchera pas avant la dernière page ! Le genre de bouquin où vous soupçonnez tout le monde et qui ne vous laisse pas le choix que de lire direct le tome 2 !

COUP DE COEUR

  • Le maître des livres, tome 1 et 2 => Si vous n'aimez pas les livres, ce manga vous les fera aimer ! C'est tout simplement THE manga à lire pour tous les amoureux des livres !!!

Pour finir ce bilan, je dirais que j'ai commencé 9 sagas et j'en ai poursuivi trois.

Voilà, on se retrouve fin Mai pour le prochain bilan !

mercredi 3 mai 2017

Comme un conte

HISTOIRE

Tara a disparu à l'âge de 16 sans laisser de trace. Sa famille et son petit ami n'auront plus de nouvelles durant vingt ans.
Et voilà que le jour de Noël, Tara réapparaît. Elle semble bien portante, mais quelque chose a changé dans sa personnalité.
Comme si elle avait vécu dans un autre monde durant tout ce laps de temps...

CRITIQUE

Cela fait longtemps que je voulais lire ce titre ; de plus, il est sorti en poche depuis peu de temps. Une raison de plus pour me décider à l'emprunter.
Et je ne regrette pas : j'ai passé un bon moment avec cette lecture !

On suit donc Tara, revenue dans sa famille, après vingt ans d'absence, puisqu'elle avait disparu de la circulation durant son adolescence. Mais elle semble avoir changé, et pour cause : elle livre un étrange récit, comme quoi elle aurait été enlevée par des fées !

C'est précisément ce point qui me séduisait dans le roman ; voir comment la Faërie, le peuple des fées, serait traité dans ce récit. Et je ne suis pas déçue.
Certes, on découvre des éléments propres aux récits fantastiques qui mettent en scène des fées : on apprend par exemple qu'ils sont très cultivés (bien plus que les humains, leurs connaissances étant plus étendues que les nôtres) et sont très portés sur le sexe. Tara nous dépeint une société aux antipodes de la nôtre, analysée d'ailleurs de façon très "scientifique" par le psychologue qu'elle suit.

Ces analyses sont très intéressantes à lire, puisqu'elles mettent en lumière la psychologie de Tara au travers de ces histoires, mais elles posent aussi question : la jeune femme dit-elle vraiment la vérité ? N'est-elle pas en train de raconter des histoires à dormir debout pour justifier maladroitement son absence ?
Et ce questionnement reste dans la tête durant la première partie du récit. Je me suis demandée si j'avais vraiment un livre fantastique entre les mains.

Et pour ajouter à la confusion, l'auteur suit plusieurs personnages, en plus de Tara. Sa famille bien entendu, à commencer par son frère, Peter, très sceptique sur les dires de sa sœur ; ou encore Richie, son ex-petit-ami qui ne sait pas trop quoi en penser. Idem pour le psychologue que Peter va engager pour suivre la jeune femme.
On a aussi le point de vue de la femme de Peter et de leurs enfants ; tous vont apporter leur grain de sel dans l'étrange histoire de Tara.

Et puis, arrive la deuxième moitié du roman. Et là, on comprend qu'on est clairement dans une histoire fantastique grâce à un personnage en particulier. S'il se manifeste qu'au travers des dires de Tara (ce qui explique pourquoi on la remet en cause puisqu'on n'a pas de "preuve" véritable de son existence), il apparaît clairement aux yeux du lecteur, puisqu'il espionne la jeune femme. Il finira même par se montrer à certains protagonistes, amenant son lot de scènes étranges et angoissantes.

Tous ces points nous amènent à cette question : comment tout cela va se terminer ?
La fin apporte une conclusion satisfaisante. Personnellement, je ne voyais pas trop comment l'auteur terminerait son récit et ce qu'il offre m'a paru totalement logique. C'est à la fois beau et triste ; j'ai eu un gros pincement au cœur quand j'ai tourné la dernière page.

Le gros souci que j'ai eu, c'est le manque d'attachement des personnages. Je n'ai pas éprouvé d'empathie particulière pour eux, excepté Tara.
Cette dernière se retrouve dans notre civilisation, totalement perdue et ne maîtrisant plus aucune règle. Elle se heurte à l'incrédulité de ses proches et aux analyses parfois pompeuses de son psy. Et pour ne rien arranger, elle doit aussi veiller à leur sécurité.
Pour les autres, je n'en retiens rien de spécial ; en fait, j'ai eu l'impression d'avoir des clones sous les yeux, tant leur personnalité est peu travaillée. Du coup, y a pas d'attachement spécifique ; comme Tara, on se sent bien seul face à tout ce petit monde.

C'est le premier roman de Graham Joyce que je lis et j'ai bien aimé sa plume. Là encore, j'en retiens rien de spécial, si ce n'est qu'il a su instaurer une ambiance très particulière dans son intrigue. On en ressort triste et satisfait à la fois, amenant même parfois un sentiment de mélancolie dans certaines scènes.

Un roman qui m'a bien plu, même si les personnages sont tellement peu travaillés qu'on dirait des clones. Tara est celle qui s'en sort le mieux.
C'est sympa à lire, même si la plume n'est pas exceptionnelle, mais je retiens surtout la façon dont Faërie est traité et la fin satisfaisante. 

mardi 2 mai 2017

Que ta volonté soit faite

HISTOIRE

Dans une petite ville de l'Amérique profonde, vit Jon Petersen. Un homme qui semble normal aux premiers abords, mais qui cache une nature noire. Très noire.

CRITIQUE

Maxime Chattam est un auteur français très connu. Pourtant, je n'ai quasi pas lu ses ouvrages et j'ai voulu tenter Que ta volonté soit faite, avec son pitch très intriguant.
Et non seulement l'histoire intrigue, mais est aussi carrément dérangeante par moments. Une lecture qui ne laisse nullement indifférent.

Ce qui frappe dans l'histoire, c'est qu'on apprend à connaître un personnage en particulier : Jon Petersen. On le découvre enfant, puis adolescent et enfin adulte.
Et dès les premières pages, on se rend compte qu'il n'est pas "normal". Il possède des aptitudes totalement réprouvées par la société.

Et malgré tout cela, on ne peut s'empêcher de se sentir fasciné par ce garçon qui choisit de céder à ses pulsions, qu'elles soient sexuelles ou meurtrières. En cela, la lecture est très dérangeante. Parce qu'on se surprend à suivre ce bonhomme qui s'enfonce dans la violence, sans jamais éprouver le moindre remord. Ce qui rend bien sûr le personnage totalement détestable.

Malgré cela, je n'ai pas pu m'empêcher de lire ce roman d'une traite. L'auteur ne recule devant aucun tabou et n'épargne personne : drogue, prostitution, sexe, sang qui coule à flots ou encore viol... Bref, c'est très, très noir.
Quand à la fin, elle risque de surprendre plus d'un. Il faut dire qu'elle est très originale par rapport à d'autres fins plus "classiques". Cela nous donne à réfléchir par rapport à la morale de toute cette histoire. 

Ce qui frappe aussi dans ce bouquin, c'est la religion, très présente. De part son titre (un extrait du Notre Père), on s'aperçoit très vite que deux "clans" religieux s'affrontent : les méthodistes et les luthériens. Une cohabitation froide qui joue sur l'intrigue, puisqu'elle va apporter son lot de scènes déchirantes.

Ce qui m'a beaucoup plu dans ce roman, c'est l'écriture de Maxime Chattam, qui n'est pas sans rappeler Stephen King. Que ce soit dans sa manière de dépeindre la nature humaine, les descriptions ou même le lieu de l'intrigue (un patelin paumé où tout le monde se connaît) ; tous ces éléments m'ont fait revivre les quelques lectures que j'ai pu faire de l'auteur de Carrie ou encore Shining.
C'est très vivant et immersif : on ne quitte jamais le bouquin avant la dernière page et quand c'est le cas, on veut absolument reprendre la lecture, tant on est pris dans l'intrigue.

La nature humaine, décrite ici, est loin d'être rose. Jon Petersen en est le parfait exemple. A la fois monstrueux et fascinant, il ne laisse personne indifférent. Mais on se demande sans cesse jusqu'où il est prêt à descendre pour assouvir ses pulsions et ses instincts les plus vils.

Riley, son fils, est beaucoup plus attachant. Il faut dire qu'avec un père pareil, pas étonnant qu'il se comporte de telle sorte dans le roman ! Ceci dit, une question demeure : le mal est-il héréditaire ? Peut-il se transmettre de père en fils ?
Cette question, je me la suis posée une bonne partie de ma lecture. C'est pourquoi je suis d'autant plus satisfaite du sort qui lui est réservé.

On a aussi le shérif, un peu paumé par ce qui se passe, mais qui possède ses forces et ses faiblesses. C'est un personnage qui m'a beaucoup plu, de par son caractère et son désir de régler les problèmes de la ville. Mais il va vite se heurter au manque de preuves sur les crimes commis, ainsi qu'aux habitants dont certains veulent faire justice eux-mêmes.

Malsain et dérangeant ; tels sont les adjectifs qui qualifient ce livre. Ce qui ne m'a pas empêchée de l'apprécier.

lundi 1 mai 2017

Le maître des livres, tome 2

HISTOIRE

Mikoshiba continue de conseiller les usagers de la bibliothèque pour enfants "La Rose Trémière".
Que ce soit une femme amoureuse de son patron, un adolescent désireux d'illustrer des livres pour enfants ou encore un père qui souhaite se réconcilier avec sa fille ; tous vont, au travers de la littérature enfantine, se retrouver et donner un nouveau sens à leur vie.

CRITIQUE

Le premier tome a été un tel coup de cœur que je n'ai pas pu m'empêcher d'emprunter directement les tomes suivants ! Et ce manga est toujours aussi géniallissime à lire ! A tel point point que j'envisage sérieusement d'acheter les tomes pour commencer ma mangathèque personnelle !

On retrouve ici Mikoshiba, notre bibliothécaire toujours aussi passionné mais toujours aussi rustre quand il s'agit de parler (le pauvre M. Miyamoto en fait régulièrement les frais !), avec ses deux jolies collègues et les usagers (nouveaux ou fréquents) qui se retrouvent au travers des histoires qu'ils lisent.

Ce qui m'a beaucoup plus dans ce deuxième tome, c'est qu'on apprend à connaître davantage nos personnages. Notamment sur Kayo qui, vous allez voir, a une vie de famille difficile. La séquence avec son père est d'ailleurs très touchante.
Mikoshiba aussi nous révèle une nouvelle surprise à la fin du manga ; je n'en dirais rien pour ne pas spoiler, mais sachez que cela risque de provoquer bien des remous au sein de la bibliothèque et de son équipe !

Mais ce que j'aime plus que tout dans cette série, c'est la place de la littérature dans la vie de nos protagonistes. Quel que ce soit le genre littéraire, chaque nouveau venu trouve matière à réfléchir à sa vie personnelle et tenter, par la suite, de sortir du problème auquel il est confronté. Et comme souvent, les livres en question, forment un parallèle avec les tourments que traversent nos héros.
Et une fois encore, Umiharu Shinohara nous présente des récits pas toujours connus dans nos contrées, mais pas toujours. De temps en temps, il présente des récits qu'on peut trouver facilement dans les rayons des librairies et/ou des bibliothèques.

Parmi les nouveaux venus, on a un adolescent désireux d'illustrer des livres pour enfants. Rêve qu'il préfère garder secret, par peur des moqueries de ses camarades.
J'ai adoré la scène où il raconte sa première histoire à des petits ; la façon dont ils sont à fond dans le récit, comment les dessins sont présentés... Bref, un moment tout simplement savoureux qui reste d'ailleurs mon préféré sur les tomes que j'ai lu jusqu'à présent !

J'ai beaucoup aimé aussi la scène avec le vieil homme qui souhaite retrouver un titre pour honorer la mémoire d'un ami d'enfance. La façon dont Mikoshiba gère le problème est tout simplement fantastique : je me suis totalement reconnue là-dedans !

Bref, tout ce petit monde est plus attachant que jamais. Que ce soit les persos principaux ou secondaires, ils ont tous ce petit quelque chose qui fait qu'ils marquent de leur empreinte les murs de "La Rose Trémière". A tel point que j'ai toujours ce petit pincement au cœur quand j'ai terminé la lecture de ce deuxième tome.

Le coup de crayon est toujours aussi agréable à l’œil, même si c'est pas non plus exceptionnel. J'aime toujours autant le chara-design des persos féminins, plus "agréables" à regarder que celui de ces messieurs.

Ce deuxième volet est toujours aussi succulent ; on en apprend plus sur nos personnages et la littérature reste le centre de ce manga puisqu'il permet à nos héros de tirer les leçons de leur vie respective.
Tout simplement géniallissime !

C'est Lundi, que lisez-vous ? (7)


Bonjour tout le monde !

On se retrouve pour le rendez-vous du Lundi, avec la présentation de mes lectures passées, présentes et futures.

C'est parti !

1. Qu'ai-je lu la semaine dernière ?

  • Que ta volonté soit faite => Un thriller qui met un scène un esprit complètement dérangé, mais où notre fascination pour le mal est clairement mis en exerbe. Assurément une lecture dérangeante.
  • The Walking Dead, tome 1 : Passé décomposé => Suite à ma découverte de la série TV, je voulais lire le comic. Ce dernier prend un chemin radicalement différent, mais j'ai malgré tout passé un bon moment. Je regrette juste l'action qui va trop vite.
  • Le maître des livres, tome 2 => Toujours aussi bon, ce deuxième volet nous en apprend davantage sur nos bibliothécaires.
  • Comme un conte => Un récit mettant en scène l'univers de Faërie. Mais le doute subsiste : Tara dit-elle la vérité ou ment-elle ? Une lecture divertissante et plutôt bien menée.
  • Et tu trouveras le trésor qui dort en toi => Mon premier Laurent Gounelle et c'est plutôt pas mal. Un récit où on remet en question nos certitudes et notre rapport à la religion.


2. Que suis-je en train de lire ?


La malédiction Grimm de Polly Shulman, une lecture très sympa pour l'instant. J'ai hâte de voir ce qui va arriver aux personnages !

3. Que vais-je lire ensuite ?


J'ai prévu deux lectures : Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet, un roman historique. Et je pense enchaîner avec Elia, la Passeuse d'âmes de Marie Vareille.

On se dit à la semaine prochaine pour le prochain numéro du Lundi !

samedi 29 avril 2017

Liselotte et la forêt des sorcières, tome 1

HISTOIRE

Liselotte vit avec ses deux domestiques, Alto et Anna, dans une maison située en retrait, en pleine campagne.
On raconte que la forêt qui l'entoure est peuplée de sorcières. Un jour, Liselotte en croise une sur sa route. Il faudra l'intervention d'un mystérieux jeune homme pour la sortir de ce mauvais pas...

CRITIQUE

De Natsuki Takaya, j'en garde un bon souvenir avec Fruit Baskets. J'avais bien aimé le manga, même si je ne suis jamais arrivée au bout des 23 volumes. Et je précise que je n'ai jamais visionné l'animé.
J'avais également commencé Twinkle Stars des années auparavant, mais là encore, je n'ai jamais conclu cette série.
Et voilà que je me lance dans Liselotte et la forêt des sorcières, une série dont le pitch de ce premier tome me tentait énormément.
Je pense donner ma chance au tome deux, parce que là, c'est pas très concluant...

Comme le titre l'indique, on suit Liselotte, une jeune demoiselle qui vit dans un trou perdu, avec pour seuls compagnies ses deux domestiques : Anna et Alto, des jumeaux qui veillent à son bien-être et sa sécurité.
Mais l'arrivée d'un jeune homme aux yeux roses pâles va chambouler le quotidien de notre trio...

Ce qui m'a déçue dans ce volet, c'est qu'on reste énormément dans l'introduction. Certes, c'est bien de présenter les personnages et le contexte ; mais en dehors de la sorcière que Liselotte rencontre et son sauvetage, y a pas grand chose qui se passe.

On a bien l'arrivée d'Engetsu (l'homme mystérieux dont il est question) et celle d'un quatrième personnages, assez drôle, je vous l'avoue. Mais y a pas beaucoup d'actions, et l'aspect fantastique est aussi peu présent.

En fait, la mangaka ne donne guère d'indications sur les sorcières et la forêt entourant la maisonnée. Ça reste très flou et on n'apprend pas grand chose. Ceci dit, vu la fin intriguante, cela me donne envie de poursuivre la série, afin de voir si elle évoluera par la suite.

Si l'histoire n'est pas très passionnante, les personnages eux, le sont davantage. Enfin, sauf l'héroïne principale.
Parce que Liselotte est clairement une grosse tête de linotte (non, non, j'ai pas fait exprès d'utiliser ce mot !) ; elle change constamment d'avis comme de chemise, ramène un type qu'elle ne connaît guère chez elle et le laisse s'installer tranquillement chez elle, se montre parfois gnan-gan dans ses réflexions...
Bref, une héroïne assez cruche à laquelle je ne me suis pas attachée du tout !
MAIS... Je l'écrit en majuscule, parce que, malgré tout, la jeune femme semble posséder un passé mystérieux.
On apprend une ou deux choses sur sa présence dans cette curieuse maison, mais de manière suffisamment développé pour qu'on ait tous les éléments en main. Résultat : elle a quand même ce petit côté "intriguant" qui donne envie d'en apprendre plus sur elle. Elle ne part donc pas complètement sur une note négative.

Pourtant, j'ai largement préféré les autres persos qui gravitent autour d'elle. A commencer par Alto et Anna, les jumeaux.
Et Liselotte a du bol d'avoir deux domestiques bien plus terre-à-terre qu'elle, qui prennent soin d'elle et veillent sur sa sécurité !
Je les ai trouvés très attachants et les mieux développés de toux ceux qu'on croise dans ce premier tome. Enfin, "développé", c'est un bien grand mot, mais ce sont les plus présents, et donc, les mieux traités dans le caractère.

On a aussi Engetsu, le type hyper mystérieux que Liselotte semble d'ailleurs bien connaître. A ce stade, je peux pas trop en dire quoi que ce soit ; il a l'air de cacher bien des choses.
Et concernant le quatrième bonhomme, j'en dirais pas grand chose pour vous laisser la surprise, vous sachez qu'il apporte la touche d'humour en plus dans le récit et que je l'ai trouvé tout simplement succulent à suivre !

Je retiens aussi le coup de crayon de Natsuki Takaya, reconnaissable facilement ; les yeux de ses personnages très grands (plus encore que ceux qu'on a l'habitude de voir dans les mangas, mais ce n'est que mon point de vue) et une proportion à dessiner des visages très doux. Ce qui est très flagrant pour les protagonistes féminins.

Il fallait bien qu'un manga soit tôt ou tard un flop. Et c'est tombé sur Liselotte et la forêt des sorcières. L'histoire est très introductive et l'héroïne est assez cruche.
Mais je retiens le grand mystère qui plane autour de ce volet et le chara-design de tout ce petit monde. C'est pour ces deux raisons que je poursuivrais la série, en espérant qu'elle s'améliore dans les tomes suivants.