lundi 20 novembre 2017

Le château des Carpathes

HISTOIRE

Le château des Carpathes... Un lieu qui fait frémir les habitants du village de Werst, d'autant plus que de la fumée a été aperçue récemment dans les ruines.
Le comte de Télek, de passage au village, est bien décidé à percer ce mystère. Après tout, il n'a plus grand chose à perdre.

CRITIQUE

Je n'ai lu qu'un livre de Jules Verne : Le tour du monde en 80 jours. Etant une lecture imposée par l'école, j'avais moyennement apprécié. Je l'ai relu une deuxième fois, mais là encore, ça ne m'avait pas fait rêver.
Du coup, j'ai voulu me lancer dans l'un de ses plus courts ouvrages, à savoir Le château des Carpathes. Et qu'est-ce que j'en pense ? Je vous le dis tout de suite.

On se retrouve en pleine Transylvanie, dans un petit village où les superstitions et les peurs ont la vie dure. La preuve : de la fumée sort des ruines du château des Carpathes. La nouvelle se répand très vite et va titiller la curiosité de plusieurs personnages. Dont le compte de Télek, déterminé à s'y rendre, d'autant plus que ce lieu n'est pas sans lien avec son passé...

Le début a été laborieux. Il est vrai que c'est un classique et que le langage utilisé est peu courant à l'heure actuelle. L'auteur prend vraiment le temps de poser le cadre et les personnages. Du coup, j'ai galéré à lire les cinquante premières pages.

Et puis, le déclic s'est fait et le reste de ma lecture s'est déroulé sans accroc. Je me suis habituée à la plume de Jules Verne et je me suis prise au jeu. Car je voulais aussi découvrir le mystère entourant le château des Carpathes.

L'histoire en elle-même est plutôt agréable à suivre ; la fin m'a d'ailleurs surprise car je trouve que l'auteur a un esprit vraiment novateur pour l'époque... alors qu'à la nôtre, ce genre de pratiques est monnaie courante.
Ce que j'ai apprécié, c'est qu'il prend le temps de planter le décor (même si c'est ce point qui m'a rebutée au début), ainsi que le passé de certains personnages. Le mystère s'épaissit donc jusqu'à aux dernières pages, qui apportent les réponses aux questions que l'on se pose à mesure qu'on avance dans le récit.

La touche fantastique arrive doucement d'abord, puis de façon plus spectaculaire. Et c'est là tout le charme de ce court roman (168 pages), ce qui fait que j'ai apprécié ce livre, malgré un début difficile.

Je n'ai pas eu de véritables atomes crochus avec les personnages, malgré leur passé développé pour certains d'entre eux (du moins deux). La brièveté du texte y est pour beaucoup, mais j'ai eu du mal avec eux car je trouvais que les traits de caractères n'étaient pas très mis en avant. C'est dommage car ils avaient beaucoup de potentiel.

C'est superbement bien écrit, avec un vocabulaire bien ancré dans l'époque, ce qui est déroutant durant les premières pages. Et finalement, on se laisse aller, on se laisse porter par le conteur qu'est Jules Verne et on embarque dans cette histoire. Au final, j'en suis ressortie très satisfaite !

Le château des Carpathes est un bon récit fantastique, avec une très belle plume et une histoire emplie de mystère. Les gros bémols sont des personnages peu attachants malgré leur background travaillé et un début laborieux.

dimanche 19 novembre 2017

Big Easy

HISTOIRE

Josie est une adolescente de 17 ans qui n'a pas la vie facile : sa mère est une prostituée et tout la pousse à suivre le même chemin. Mais elle refuse : elle souhaite quitter la Nouvelle-Orléans et entrer dans une prestigieuse université. Et elle va tout faire pour y parvenir !

CRITIQUE

Big Easy n'était pas un titre qui me tentait au départ ; il faut dire que l'Amérique des années 50 n'est pas ce qui m'attire dans un roman historique. Je préfère largement ceux qui se déroulent au Moyen-Âge et dans l'Antiquité.
Mais l'auteure ne m'était pas inconnue : j'avais lu Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre que j'avais adoré. C'est donc sur cette pensée positive que je me suis lancée.
Et je ne regrette pas car j'ai passé un excellent moment !

Nous sommes à la Nouvelle-Orléans, dans les années 50. Josie, 17 ans, ne veut pas finir comme sa mère, à savoir prostituée. Elle va alors tout faire pour sortir de sa condition et accomplir son rêve : faire ses études dans la prestigieuse université Smith.

Ici, pas d'éléments fantastiques : j'avais peur de m'ennuyer durant ma lecture. Et ce ne fut pas le cas !
Déjà, on est plongé dans un contexte très spécifique : celui de la prostitution. La mère de l'héroïne est une prostituée et cette dernière travaille en tant que femme de ménage dans un bordel. La grosse joie, quoi !

J'ai trouvé l'immersion très réussie ; les descriptions, les dialogues et la narration font qu'on se plonge très vite dans ce quartier et qu'on découvre rapidement les us et coutumes des uns et des autres. Une plongée au cœur de la Nouvelle-Orléans des années 50 qui m'a donnée envie de m'informer davantage sur cette période historique américaine !
On sent que Ruta Sepetys s'est beaucoup documentée pour nous fournir un texte aussi immersif et c'est incontestablement le gros point fort du roman !

L'histoire en elle-même est un régal à suivre : entre enquête policière (puisqu'un meurtre a lieu), estime de soi, une pincée de romance, un milieu très particulier, le tout accompagnés de personnages savoureux et de références littéraires et vous avez un récit qui vous transporte ailleurs et qui ne vous ennuie pas une seconde !

J'ai adoré les références littéraires dont sont truffés ce roman. Car, en plus de travailler dans un bordel en tant qu'aide-ménagère, Josie bosse également dans une librairie. L'auteure en profite ainsi pour nous offrir de belles références littéraires de l'époque, sans jamais alourdir le texte et sans en faire trop. En tant que lectrice, je n'ai pu être que séduite par ce procédé !

Josie est une jeune fille qui m'a énormément plue. Ça fait du bien de suivre une héroïne qui ne tombe (presque) pas en pâmoison à chaque fois qu'un mec (ou deux) est (sont) dans les parages. Elle sait ce qu'elle veut et va tout faire pour atteindre son objectif : intégrer l'université Smith.
Car Josie ne veut pas finir comme sa mère ; elle souhaite quitter la Nouvelle-Orléans et faire de grandes études, malgré l'opposition de certaines personnes de son entourage (Willie, notamment). Elle se révèle très débrouillarde, même si je n'ai pas toujours approuvé ses choix (je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler).

Pas mal de personnages gravitent autour de l'adolescente, et certains m'ont davantage plu que d'autres, comme Willie. Véritable pilier dans la vie de Josie, c'est une femme incroyable, avec son fichu caractère. Elle m'a presque semblé une mère de substitution pour l'héroïne (sa vraie mère est haïssable au possible) et m'a beaucoup touchée.
Cokie, le chauffeur de Willie, m'a aussi énormément touchée. De part son caractère et son accent, ses interactions avec Josie sont succulentes !

On a aussi Patrick, un de ses amis, tenancier de la librairie, aussi passionné de livres qu'elle. Ils échangent sur leurs lectures, mais doivent aussi gérer la boutique, ainsi que Charles, le père de Patrick, qui souffre de problèmes de santé.
Jesse n'est pas en reste, même s'il reste plus en retrait par rapport à ceux déjà cités. Il m'a donc moins plue mais lui aussi va se révéler un allié précieux pour Josie.

On a aussi en vrac les prostituées qui travaillent pour Willie, chacune avec leur trait de caractère ; Frankie, qui sait tout sur tout ; ou encore Charlotte, aux antipodes de Josie (surtout du point de vue social) qui va tout faire pour pousser cette dernière à suivre ses rêves.

Bref, une galerie de personnages vivants et attachants que j'ai pris plaisir à suivre. Ruta Sepetys apporte un soin particulier à chacun d'entre eux, malgré leur nombre plutôt conséquent, ce qui fait qu'on n'est jamais perdu et qu'on se rappelle d'eux.

Comme je l'ai écrit plus haut, c'est très immersif et bien écrit. On sent que Josie adore lire car elle possède une plume, une façon de s'exprimer incroyable ; la narration à la première personne du singulier sert très bien le texte car on découvre les nouvelles et les révélations en même temps qu'elle. Cela la rend encore plus attachante !

J'en attendais pas grand chose de Big Easy et finalement, c'est une très belle surprise ! Ruta Sepetys est assurément une auteure à suivre ; elle a le don de nous plonger dans ses romans historiques et de proposer des personnages vivants et une superbe plume !

samedi 18 novembre 2017

L'homme qui voulait être heureux

HISTOIRE

Un touriste vient voir un vieux guérisseur, impressionné par sa réputation. S'ensuivent alors des discussions et des épreuves qui vont transformer le jeune homme.

CRITIQUE

De Laurent Gounelle, j'ai lu Et tu trouveras le trésor qui dort en toi. J'avais bien aimé cette lecture, malgré les conditions désastreuses dans lesquelles je m'y suis plongée.
Pour celui-ci, je l'ai lu bien plus tranquillement. Et, à l'inverse, j'ai pas du tout aimé !

On découvre Julian, professeur, qui veut rencontrer un guérisseur très réputé. Ce dernier va lui apprendre pas mal de choses et va lui faire passer quelques "devoirs", dans le but qu'il puisse évoluer sa pensée...

Le premier problème que je relève est la brièveté du récit : à peine 168 pages. Et comme c'est très court, on pose des bases scientifiques, psychologiques sans jamais les approfondir. C'est dommage car certains points très intéressants méritaient vraiment d'être davantage développés (je pense aux passages avec les placebos).

Ceci dit, les fameux points psychologiques en question ne sont finalement pas si nouveaux que ça. Ce que je veut dire par là ? Disons que si vous vous intéressez un minimum au social, alors les dires de l'auteur dans ce roman vont sûrement vous évoquer quelque chose.
Pour ma part, j'avais déjà eu vent des dires du guérisseur au travers de mes expériences et de mes lectures sur les sujets abordés. Du style : "Nous sommes maîtres de notre destinée", "On a toujours le choix", "On renvoie une image de nous aux autres", etc.
Bref, rien de nouveau sous le soleil.

Et c'est (presque) pareil en ce qui concerne la science.
Je dis "presque" parce que, pour reprendre les passages sur les placebos, je ne me rappelais plus à quel point les croyances peuvent avoir un énorme impact sur les gens. Après tout, il reste encore tellement de zones d'ombres concernant la psyché humaine...
Par contre, j'ai remarqué un truc : le guérisseur nous parle pas mal d'expériences scientifiques, sans jamais citer ses sources. Je ne doute pas que Laurent Gounelle ait fait un travail de recherche considérable concernant ces expériences, mais quand même, il aurait pu au moins citer un site et/ou un livre... Mais c'est mon côté "documentaliste" qui ressort, c'est pour cette raison que j'en parle dans cette chronique.

Pour le reste : comme je l'ai écrit plus haut, c'est tellement court qu'on n'a pas le temps d'assimiler une chose qu'on passe à la suivante. Du coup, ça m'est passé complètement à travers, en plus d'avoir déjà entendu ou lu certains trucs quelque part.

Et c'est pareil pour les personnages. Ils sont soit antipathiques, soit clichés.
Julian, notre narrateur est totalement antipathique. Non seulement il s'étonne des dires du guérisseur (le gars est censé être prof et il a jamais entendu parler du fait qu'on renvoie une image aux autres ?! Il a jamais suivi de cours de psychologie durant ses études ou quoi ?!), mais devient à la fin du roman très imbu de lui-même et se permet de juger les autres sur base de simples observations (cf. scène du café-glacier).
Et je m'interroge du coup sur le but véritable de ce livre : à quoi ça sert de vouloir améliorer quelqu'un si c'est pour le rendre arrogant à la fin de l'histoire ? Ça n'a pas sens et ça loupe complètement le coche.

Quand au guérisseur, il passe son temps à nous abreuver de phrases toutes faites, sans surprise et sans citer ses sources. Bref, j'en retiens rien de spécial le concernant ; je l'ai même trouvé assez cliché par moments.

Il faut quand même reconnaître que L'homme qui voulait être heureux est un roman très accessible, très simple à comprendre. Il peut poser les bases pour commencer des livres sur le développement personnel, mais en ce qui me concerne, ça a un goût de trop peu.

Une lecture très décevante, avec une histoire banale, saupoudré de détails scientifiques et/ou psychologiques dont je connaissais déjà l'existence, ajouté à des personnages soit clichés ou pas du tout attachants.
C'est un bon point de départ en matière de développement personnel, certes, mais si je veux me lancer dans ce genre de lectures, ce n'est clairement pas ce que je recherche.

jeudi 16 novembre 2017

Moi et Becca

HISTOIRE

Une nouvelle élève arrive au pensionnat de Manderley. Elle est très vite prise en grippe par les autres élèves car elle "remplace" Becca, une étudiante adulée par tous, qui a mystérieusement disparu. Que lui est-il arrivé ? C'est ce que notre héroïne va tenter de découvrir...

CRITIQUE

En parcourant ma PAL, je suis tombée sur ce titre et le résumé m'a de suite tapée dans l’œil. Et qu'est-ce que ça donne à l'arrivée ? Une lecture assez médiocre, malgré quelques petits points positifs.

Déjà la particularité de ce roman, c'est que l'héroïne n'est jamais nommée. Elle est toujours appelée "la nouvelle" par ses camarades ou "ma grande" par ses parents. C'est la toute première fois que je lis un livre où l'auteure ne fournit pas le prénom du personnage principal. Ceci n'est qu'un détail, cela ne m'a pas dérangée ; mais je trouve que c'est un détail plutôt sympa !

On suit donc notre adolescente dans sa nouvelle année à Manderley où elle s'aperçoit très rapidement que l'endroit est "hanté" (si je puis dire) par l'aura de Becca, une jeune demoiselle qui a disparu du jour au lendemain, sans laisser de trace. Elle était totalement adulée, traitée comme une reine et sa disparition jette un froid parmi les élèves. Au point qu'ils ne vont pas accueillir la nouvelle dans la meilleure atmosphère possible...

Dès le départ, on entre dans le vif du sujet avec la disparition de Becca. Et, comme l'héroïne, on se pose des questions sur elle. On veut savoir ce qui lui est arrivé et tenter de percer le mystère planant sur elle.
Et l'auteure a l'excellente idée de fournir deux narrations : la nouvelle, qui parle en "je" et Becca. On a deux narratrices qui racontent donc leur parcours à Manderley, à peu près à la même période de l'année.
On apprend dès lors à connaître les filles à mesure qu'on avance dans le bouquin. Et si la nouvelle m'a beaucoup plue au début, j'ai rapidement déchanté. Mais je reviendrais sur elle plus loin.

L'intérêt principal de l'intrigue réside dans l'idée de savoir ce qui s'est réellement passé la nuit où Becca a disparu. Et Paige Harbison sait instaurer une ambiance assez sombre, assez intrigante, ce qui fait qu'on dévore ce livre d'une traite.
Mais c'est malheureusement la seule chose positive que je retiens de l'intrigue, pour deux points : déjà, la fin.
Je m'attendais à un truc énorme, une grosse révélation et quand j'ai tourné la dernière page, je me suis dis : "Tout ça pour ça ?!". Énorme déception concernant la fin.

Le deuxième point concerne l'intrigue en général. Si on est intrigué par la disparition de Becca, tout le reste est finalement assez banal, voire sans surprise (la nouvelle qui se tape l'ancien copain de Becca... le genre de choses que vous devinez à l'avance).

Mais certains points de l'histoire m'ont semblé invraisemblable. Par exemple, l'adulation que vouent les élèves à Becca.
Qu'on admire une jeune fille visiblement très dévergondée... Bon, ça passe.
Mais cette manière de l'adorer comme ils le font... J'ai eu l'impression à certains passages de me trouver, non pas dans un pensionnat, mais dans une secte où Becca est le gourou. C'est juste incroyable ! Tellement que j'ai fini par ne plus y croire, tant que trouvais ce point gros comme une maison.

Il y a aussi le comportement des personnages qui ne m'a pas semblé crédible. Et ça tombe bien, on va en profiter pour parler d'eux.
Et bien sûr, on va commencer avec notre héroïne.
Au début, elle me plaisait bien. Elle semblait assez sûre d'elle, désireuse de suivre ses études et ne semblait pas se laisser démonter par les mauvais traitements des autres.
Mais plus on avançait, plus elle m'a parue "soumise". Je pense à la scène de la gifle : aucune réaction, aucun reproche, RIEN. Elle ne cherche pas vraiment à se défendre et a un comportement parfois curieux.
Par exemple, à un moment, elle dit qu'elle ne supporte pas l'alcool. Mais quelques chapitres plus loin, alors qu'elle le sait, elle ne trouve rien de mieux que de se bourrer, avec une jolie gueule de bois en prime le lendemain.
Sans compter le fait sa façon de décrire les garçons (leur torse surtout), comme si elle était en chaleur. Oui, j'ose l'écrire ; dès que le mec qu'elle aime est dans les parages, torse nu de préférence, c'est parti pour le festival des descriptions censés nous montrer que le gars est juste trop hot. Non, ça ne me plaît pas, ça ne m'émoustille pas et ça me fait lever les yeux au ciel !

Passons maintenant à Becca. Alors elle, c'est typiquement le genre de fille que je hais : manipulatrice, égoïste, séductrice (elle ne trouve rien de mieux que de briser une amitié en se tapant les deux garçons...), etc. Bref, la garce poussée à son paroxysme. En un mot : BEURK !

Quand aux garçons, Max et Johnny, je ne les ai pas aimé non plus. Si Max s'en sort un peu mieux, Johnny est le cliché du gars qui réfléchit plus avec son entrejambe qu'avec son cerveau. Là aussi, c'est un un gros BEURK pour moi.
Max est un peu mieux comme je viens de l'écrire, mais c'est toujours pas ça. Il trouve des excuses bidons pour ne pas sortir avec l'héroïne et a une bien curieuse façon de se comporter avec elle. Là encore, ça passe pas trop.

On a aussi Dana, la coloc de notre héroïne, qui a un sérieux problème psychologique. La meuf harcèle la nouvelle, l'humilie de plusieurs manières... On découvre à la fin du bouquin pourquoi elle a agit de cette façon, mais c'est juste pas possible ! Encore une fois, c'est pas crédible et cela la rend encore plus insupportable !

Je ne dirais rien concernant le style, puisqu'il n'a rien d'exceptionnel. Ça se lit vite et bien, mais là encore, y a rien de sensationnel à en tirer.

Malgré le mystère planant autour de la disparition de Becca et un côté "lecture détente" avec son style, ce livre reste médiocre sur bien des points : histoire pas originale et personnages totalement détestables.
Pourtant, j'en attendais pas grand chose, mais cela ne m'empêche pas d'être déçue !


mercredi 15 novembre 2017

Hanako, fille du soleil levant

HISTOIRE

Hanako, une adolescente de 13 ans, doit suivre des cours d'ikebana, imposés par son père. Mais cette dernière refuse et veut plutôt passer du temps avec ses amis.
Cependant, ces cours vont lui permettre d'en apprendre davantage sur elle-même et sur sa propre famille...


CRITIQUE

J'avais acheté ce livre pour la couverture et le résumé. Et je dois dire que j'ai plutôt apprécié l'ensemble, même si ce ne fut pas un coup de cœur.

On découvre donc Hanako, une jeune demoiselle de 13 ans, mi-japonaise mi-française, qui se voit imposer par ses pères des cours d'ikebana (l'art de fabriquer des compositions florales). Si elle refuse cette situation dans un premier temps, elle va peu à peu l'accepter et même finir par découvrir d'incroyables éléments sur sa propre famille...

L'histoire est plutôt agréable à suivre, même si pas exceptionnelle, et surtout, empreinte de quelques clichés.
L'intérêt principal du roman est de connaître les fameux secrets de la famille d'Hanako, notamment au travers d'une mystérieuse boîte détenue par le père et qui interdit à sa fille d'y toucher. Et naturellement, la curiosité de cette dernière va la pousser à découvrir le contenu de cette fameuse boîte.
Et je dois reconnaître que j'ai été agréablement surprise par les révélations finales ! J'avais quelques doutes à mesure qu'on avançait dans les investigations d'Hanako, mais quand même, je suis ressortie satisfaite.

On suit aussi ses amitiés, ses amours naissantes et ses différents cours ; sans compter sa volonté de percer le mystère entourant la boîte de son père.
Bref, c'est pas un récit empli d'actions ; on est clairement dans un roman contemporain où l'on découvre une tranche de vie, à la façon d'un journal intime... sauf que c'est écrit à la troisième personne. Mais le choix de la narration est un peu faussé je trouve, car j'aurais aimé connaître les autres personnages, voir les réactions de chacun au cours d'une même scène. Cela aurait rendu l'ensemble plus riche.

J'ai bien aimé aussi les références à la culture japonaise ; les cours d'ikebana évidemment, mais aussi le kendo et quelques termes utilisés qui correspondent d'ailleurs aux titres des chapitres. Astucieux, je trouve !

Par contre, on n'échappe pas aux clichés : genre la peste du collège qui a des vues sur l'amoureux de l'héroïne et qui va semer le doute chez elle à coup de piques bien senties. S'ensuivent alors les crises de larmes, d'hystérie, de doutes, et j'en passe.
C'est tellement éculé que ça en devient lassant. Et très chiant !

Concernant les personnages, à part Hanako, je n'ai pas eu d'affinité spécifique avec eux.
Hanako donc, est le personnage central, qui va apprendre un pan de la culture japonaise, mais aussi son passé familial. 
Si je l'ai trouvée cruche par moments (cf. les scènes où la peste lui balancent ses réflexions sur son copain et sur elle-même), je l'ai trouvée quand même attachante et j'ai pris plaisir à suivre son histoire.
Ses amis et sa famille gravitent autour d'elle, mais étant donné qu'on ne suit que l'adolescente dans sa quête de vérité et dans sa vie personnelle, ils restent en second plan. Dommage, car certains avaient le potentiel pour être vraiment intéressants et attachants (je cible surtout les parents).

C'est un texte court, plutôt agréable à lire, parfait pour les jeunes qui souhaitent découvrir un morceau de la culture japonaise. En ce qui me concerne, c'est trop peu bien sûr, mais c'est un excellent point de départ pour partir à la rencontre du Japon, même dans les très grandes lignes.

Hanako, fille du soleil levant est une lecture agréable, pas exceptionnelle, mais qui a le mérite de faire découvrir aux plus jeunes un peu de culture japonaise.

dimanche 12 novembre 2017

Le coma des mortels

HISTOIRE

Qui est Pierre ? Le sait-il lui-même ? Une chose est sûre : on meurt autour de lui. Et rarement de mort naturelle...

CRITIQUE

J'avoue avoir pris ce livre un peu au hasard, même si cela fait quelques mois que j'ai lu Chattam avec Que ta volonté soit faites. Mais si ce titre m'avait bien plu, il n'en n'est rien pour Le coma des mortels. Histoire, personnages, style : rien ne va dans ce roman.

Pour commencer, l'auteur nous annonce que ce roman n'est pas un thriller, malgré ce qu'en dit l'éditeur. Et je confirme : ce n'est pas un thriller. Du coup, durant toute ma lecture, je me suis demandée ce que je lisais exactement.

Un policier ? Non, les meurtres ne sont pas assez mis en avant. Un contemporain ? Non plus. Un roman noir ? Si oui, c'est raté (pour moi en tout cas).
Alors, qu'est-ce donc ? Et de quoi ça parle ?

De Pierre, de Pierre et encore de Pierre. En fait, durant 389 pages, on suit un gars dans un trip narcissique-religieux-philosophique, qui nous raconte sa vie et qui se plaint d'être soi-disant "maudit", sous prétexte que les gens qu'ils côtoient meurent.
Mais surtout, il nous abreuve de réflexions sur l'amour, l'amitié, la société actuelle et autres choses à coups de marteaux, sans aucune subtilité. Cela donne naissance à un type insupportable, qui croit connaître la Vérité, qui veut nous apprendre la vie alors qu'il est superficiel et obsédé par la baise (pour lui, un homme ne vit que pour ça) et par la vie de luxe.
Déjà, ce point m'a horripilée au plus haut point !

Et si seulement ce n'était que le seul souci de l'intrigue ! Car on parle quand même de morts peu naturelles dans la quatrième de couverture. On imagine donc une sombre histoire de meurtres. Alors oui, y en a, mais ils sont tellement noyés dans tout ce gloubi-boulga de discours pompeux et de racontage de life que finalement, ils sont en mode "on s'en bat le steack". Et quand finalement, le twist final arrive, c'est tellement énorme qu'on n'y croit pas du tout. Et c'est pareil pour la grande majorité de l'histoire (par exemple, le Pierre drogue des animaux pour être plus pépère au boulot... Non seulement, personne ne s'en rend compte - ou presque - mais on frôle la maltraitante animale !). Et le revirement avec Antoine est tout aussi incroyable qu'incrédule. Je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler.

Si l'histoire ne m'a pas plu, les personnages encore moins !
Pierre est détestable au possible, entre son cynisme chiant et ses états d'âme. Mais il me fait l'impression d'être un ado qui a tout compris à la vie alors que nous, lecteurs, pourrions être ses parents. A gerber !
Concernant les autres... Je ne suis pas contre les personnages originaux et excentriques, mais là, trop, c'est trop ! Entre la nymphomane, la véto zoophile, le psy un peu cinglé sur les bords et j'en passe... On est servi ! Personne n'est attachant, mais chacun d'eux donne lieu à des scènes surréalistes, comme la scène de sexe dans un cimetière. Oui, vous avez bien lu : une scène intime dans un cimetière ! On croit rêver !!! Ce n'est pas sexy, ni excitant, c'est juste glauque !!!!!

Et le style n'arrange rien ; comme je l'ai écrit plus haut, Pierre nous abreuve de discours qui, pour lui, sont la Vérité absolue et indiscutable, sans compter ses réflexions philosophiques sur beaucoup de sujets... Cela rend le livre pompeux et indigeste. Cela me désole d'autant plus que le dernier livre lu de Chattam ne m'avait pas fait cet effet.

Entre une histoire peu intéressante, des personnages détestables et un style pompeux, ce roman n'a rien pour lui. Mais je ne perds par espoir avec cet auteur car je sais qu'il a une dizaine de livres à son actif et que j'ai envie d'en lire certains. Mais pour celui-ci, c'est un ÉNORME flop !

samedi 11 novembre 2017

Quand vient l'orage

HISTOIRE

Antoine et ses parents passent leurs vacances dans un petit village, près des montagnes. Le jeune garçon a une cheville bandée, mais cela ne l'empêche pas de découvrir l'histoire locale et surtout, une légende qui circule depuis des siècles au sein des rues. Très vite, il décide d'enquêter sur cette légende qui le mènera au-delà du réel...

CRITIQUE

Le titre et la couverture me donnaient très envie de me replonger dans la lecture et j'ai bien fait : ce roman m'a fait passer un excellent moment !

On suit Antoine et ses parents, passant leurs vacances dans un village se situant près des montagnes. Là, l'adolescent découvre une légende qui hante les rues et les vies des habitants depuis des siècles. Il va enquêter sur cette légende ; cela va le mener bien plus loin que ce qu'il avait imaginé...

Ce qui m'a attirée, c'est le titre, la couverture, mais surtout le pitch de base. Et après lecture, je suis conquise !
L'auteure nous propose une histoire voguant entre réalité et imaginaire, au travers du texte qu'écrit Antoine (puisqu'il voudrait être écrivain) et de ce qu'il vit. Le tout mâtiné du suspens et de mystère.

J'ai trouvé que tout était amené en douceur, sans précipitation. Cela laisse du temps pour découvrir les personnages et s'attacher à eux. Mais même si Marie-Hélène Delval nous prend par la main et nous guide, elle sait aussi accrocher le lecteur. Le premier chapitre donne ainsi le ton et le lecteur n'a qu'une envie : découvrir le texte ! En tout cas, en ce qui me concerne, ça a marché.

Tout est dosé : mystère, suspens, fantastique. On est curieux de connaître la suite, ce qui fait que ce roman est un vrai page-turner. Quand j'ai vu que la narration était à la troisième personne, j'ai eu peur car je craignais de gros spoilers qui gâcheraient l'ensemble du récit. Mais, heureusement, ce n'est pas le cas : on ne suit pas qu'Antoine, on a aussi quelques passages qui mettent en lumière ses parents et les habitants du village qu'on rencontre. Le puzzle se complète petit à petit, apportant finalement son lot de révélations à la fin du livre.

Je reconnais cependant que la résolution finale me semble un peu facile ; mais je pardonne ce défaut, au vu de l'histoire, très bien construite.

Les personnages sont plutôt bien menés, mais évidemment, le plus développé d'entre eux est Antoine.
Cet adolescent rêve de devenir écrivain et son genre de prédilection est le fantastique. Son imagination débordante va le pousser à s'intéresser à la légende locale et le mener vers une aventure incroyable.
Je me suis attachée et reconnue en ce garçon assez aventureux et souvent dans son monde. J'ai adoré le suivre dans ses pérégrinations et ses "délires" d'écrivains.

Concernant les autres personnages, j'ai beaucoup aimé les parents aussi, même si je ne me pas autant attachée à eux qu'à leur fils. Idem pour les quelques habitants qui croisent leurs routes. Mais ils vont tous apporter leur rôle dans l'intrigue.

J'ai adoré aussi le style d'écriture. Ce qui est génial dans ce roman, c'est le texte de Marie-Hélène Delval, mélangé avec celui d'Antoine, qui nous offre les prémices de son premier roman. C'est très bien écrit et immersif. Les descriptions ne sont pas nombreuses, mais vu la façon de raconter de l'auteure, on est totalement plongé dans le contexte. On est donc d'autant plus happé dans l'histoire.

Un roman fantastique très bon, avec une histoire mystérieuse et passionnante, malgré une fin facile, des personnages attachants et une très belle écriture !