mardi 16 janvier 2018

Au fond de l'eau

HISTOIRE

Julia doit retourner dans le village de son enfance car sa sœur a été retrouvée morte, dans des circonstances mystérieuses. Elle doit s'occuper de sa nièce, Lena, et prendre aussi la maison en charge.
Cependant, elle va s'apercevoir que les habitants ont bien des choses à cacher. Et tous les secrets semblent converger vers la rivière qui traverse le village.

CRITIQUE

La fille du train était une lecture mitigée. Je voulais malgré tout donner une deuxième chance à Paula Hawkins avec Au fond de l'eau.
Et je me demande vraiment si je vais retenter l'aventure, parce que, là encore, ça n'a pas été une lecture brillante.

Après le train, la rivière ! Cette dernière est l'élément principal de l'intrigue, car dans le village où Julia se rend, plusieurs femmes ont été retrouvées noyées, dont sa sœur. Julia va donc tenter de s'occuper de ses affaires et de Lena, sa nièce de quinze/seize ans, en pleine crise d'adolescence. Mais comme tout village qui se respecte, chacun semble porter un lourd secret. Un secret qui concerne de près ou de loin la rivière...

Avec un tel pitch, je me suis dis que ce serait intéressant de suivre l'enquête et de découvrir peu à peu les fameux secrets et le mystère planant autour de la rivière. Car on sent qu'il y a des histoires sordides autour de ce point d'eau, objet de crainte et de fascination à la fois.

Et qu'est-ce que je me suis trompée !!!

Dès le début, j'ai trouvé l'ensemble très confus. En cause : la narration.
L'auteure nous abreuve de chapitres dont la narration est la plupart du temps à la première personne du singulier. Certes, les noms des chapitres commencent par les prénoms des personnages, mais cela donne malgré tout l'impression que tout est flou.
On ne sait pas qui est qui, qui occupe tel poste au sein du village, le rôle de chacun, etc. Et pendant les soixante premières pages, c'est ce que j'ai ressenti. Après, c'est mieux passé et j'arrivais à m'y retrouver.
Mais à chaque fois que je reprenais le livre après une pause, j'avais du mal à me resituer par rapport aux personnages. Il me fallait toujours un temps d'adaptation avant de me rappeler les rôles de chacun.
Je trouve que faire parler presque tous les protagonistes à la première personne n'est pas vraiment une bonne idée ; il aurait fallu leur donner une narration à la troisième personne, pour pouvoir mieux s'y retrouver. C'est du moins l'impression que j'ai eue.

Pourtant, l'ambiance en elle-même est mieux travaillée que dans La fille du train. On sent un vrai malaise au sein de cette communauté. Tout tourne autour de cette fameuse rivière où les morts suspectes se multiplient. Entre les non-dits et les secrets dissimulés, y a quand même un énorme suspens qui se maintient pendant la première moitié du récit.

Et puis, passé la deuxième, j'ai tout de suite compris où l'auteure voulait m'emmener. De fait, j'avais deviné le gros point de l'histoire, avant d'arriver à la fin. C'est dommage parce que la première moitié me plaisait malgré le sentiment de confusion qui régnait ; je voulais vraiment savoir ce qui allait se passer.
Et la deuxième gâche un peu l'ensemble, à cause de ces révélations qui, à mes yeux, n'en sont pas vraiment. Comme pour La fille du train, Paula Hawkins ne brouille pas suffisamment les pistes, alors que c'est précisément l'intérêt de ce genre d'ouvrages.

Et puisqu'on parle de la deuxième moitié, je trouve que la fin n'en n'est pas une. Pour moi, Au fond de l'eau est un roman inachevé. Il manque une grosse partie du récit, qui prend quand même pas mal de place dans ces 400 pages. Et finalement, on les balance à la corbeille comme si de rien n'était !
Non, je ne suis pas d'accord. Et franchement, payer vingt balles pour un roman qui, toujours à mes yeux, n'est pas fini, ça me mets en rogne !

L'autre gros souci du livre, ce sont les personnages.
C'est bien simple : je ne me suis attachée à aucun d'entre eux.
Que ce soit Julia, archi fade (et c'est quoi ce délire de vouloir être appelée Jules ?!), Sean le flic qui semble constamment dopé à l'héroïne (même si son comportement s'explique, surtout vers la fin) ou encore Nikki, une espèce de pseudo-sorcière, adepte des arnaques, aucun ne m'a plu.
A la limite, Lena est encore celle qui tire le plus son épingle du jeu, mais pas vraiment dans le bon sens. Elle fait à un moment donné un mauvais choix, qui va la pousser vers un chemin que je n'ai pas apprécié du tout. Bon, elle finit par se révéler progressivement, mais franchement, c'était pas non plus la panacée.

Je dirais pas que le style de Paula Hawkins est addictif, mais elle a su instaurer une ambiance sombre et glauque, même si elle n'a pas su distiller le suspens correctement. Non pas que le roman soit difficile à lire, mais je m'attendais à être davantage transportée.

Décidément, entre cette auteure et moi, le courant ne passe pas. J'ai l'impression qu'elle a un mal de chien à proposer des personnages attachants et à placer le suspens là où il faut. Mais surtout, les révélations déjà devinées à l'avance, le choix de la narration pas judicieux et les personnages auront fait que cette lecture a été très moyenne dans l'ensemble.

lundi 15 janvier 2018

Le Cimetière des Livres Oubliés, tome 1 : L'Ombre du Vent

HISTOIRE

A dix ans, Daniel est emmené par son père dans un endroit étrange : le Cimetière des Livres Oubliés. Là, le petit garçon choisit un livre (ou le livre le choisit) qui va changer sa vie : L'Ombre du Vent de Julian Carax.
Intrigué par l'auteur dont il ne reste pratiquement aucune information, il va se lancer dans une quête éperdue, au cœur de Barcelone, pour percer le mystère Carax et, parallèlement, trouver un sens à son existence.

CRITIQUE

J'ai lu ce roman des années auparavant, grâce à un devoir que je devais remplir pour l'école. Et je me souviens avoir été transportée dans cette Barcelone de l'après-guerre.
Dans le cadre d'une lecture commune, je voulais voir si cette impression m'est restée. Et je suis effectivement ravie d'avoir retrouvé la plume de Carlos Ruiz Zafon et d'avoir à nouveau passé un merveilleux moment !

Le héros, Daniel, est emmené, à dix ans, par son père au Cimetière des Livres Oubliés. Dans cet endroit, tous les livres abandonnés ou oubliés trouvent acquéreur. Et Daniel tombe sur un roman écrit par un certain Julian Carax : L'Ombre du Vent. Non seulement il le transporte, mais cela le pousse à en apprendre davantage sur l'auteur. Or, très peu d'informations circulent sur lui. De plus, Carax semble avoir vécu une vie très mouvementée.
Il n'en faut pas plus à Daniel pour se lancer sur ses traces. Un voyage au cœur de Barcelone, à la recherche du passé, mais aussi à la découverte de lui-même...

Ce que j'ai adoré par dessus tout, c'est l'immersion dans l'histoire. A commencer par la ville de Barcelone, plongée dans le contexte d'après-guerre. Je me suis parfaitement imaginée les rues, les bâtiments, tant M. Zafon maîtrise ses descriptions. C'est particulièrement le cas pour le Cimetière des Livres Oubliés ou encore la villa des Aldaya. L'immersion est d'autant plus forte que l'auteur ne se base pas que sur la vue ; il fait aussi appel à l'ouïe, l'odorat et le toucher. De quoi marquer les esprit avec des scènes flippantes, par moment !

L'histoire en elle-même est très plaisante à suivre. Ce que j'ai surtout aimé, ce sont les passages en italiques qui nous racontent l'histoire de Julian, au travers des gens qui l'ont connu. Comme Daniel, on découvre peu à peu son parcours, et je me suis rendue compte qu'au vu de ce que l'auteur nous propose, voilà un récit que n'aurait pas renié Virginia C. Andrews. C'est une auteure américaine qui a pas mal de sagas familiales à son actif, toutes avec des secrets souvent sordides. L'Ombre du Vent m'a beaucoup rappelé ses récits.

En parallèle à Carax, on suit aussi Daniel sur plusieurs années. Et on se rend compte qu'il suit un cheminement parallèle à Julian, notamment en ce qui concerne son histoire d'amour. Sa façon d'appréhender la vie à travers son jeune âge, ses découvertes sur Carax, etc... tout cela nous est livré progressivement, et en douceur.

J'ai éprouvé beaucoup d'attachement pour notre jeune héros. Sa naïveté et sa façon d'appréhender les choses (surtout celles de l'amour) le rendent très attachants. J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont il recueille les révélations sur Julian ; je l'ai trouvé de plus en plus mature à mesure qu'on avançait dans l'histoire. Et pas seulement parce qu'il grandit en âge.
De plus, c'est notre narrateur ; on découvre donc tout en même temps que lui. Et c'est aussi un gros souci : car comme on suit tout à travers ses yeux, l'auteur ne s'attarde pas trop sur les personnages qu'il rencontre, et même sur son entourage.

Pourtant, un autre personnage que j'ai adoré, c'est Fermin. Ancien clochard, il va peu à peu se dévoiler ; j'ai adoré ses réparties, ses discours sur les autres, et surtout sur les relations amoureuses. Il possède un langage très recherché et n'hésite jamais à balancer ses quatre vérités aux autres. Voilà un trait de caractère qui m'a conquise !

Concernant les autres, j'ai apprécié les suivre, même s'ils sont moins travaillés que Daniel et Fermin. Le père, par exemple, qui aurait mérité un plus grand approfondissement, tant dans le caractère que dans la relation père/fils.
Pareil pour Béa, la fille qui fait chavirer le cœur de Daniel ; on a bien un développement de son passé et de son caractère, mais pas suffisamment pour la rendre attachante.

Mais surtout, je regrette que le Cimetière des Livres Oubliés soit finalement peu présent, bien qu'il soit le point de départ de l'intrigue. Cet endroit semble à la fois mystérieux et magique et là encore, j'aurais aimé voir plus de développement autour de ce lieu : sa construction, qui la dirige, etc. J'ignore si on aura plus d'infos dans Le Jeu de l'Ange et Prisonnier du Ciel, mais j'espère que l'auteur va donner plus d'éléments là-dessus.

La plume de Carloz Ruiz Zafon est juste magnifique. Il maîtrise les mots à la perfection : il sait nous transporter à la fois dans la ville de Barcelone et dans l'histoire de Julian. J'ai été transportée par son style, à la fois poétique et contemporaine. Avec en prime, un bel hommage à tous les amoureux des livres. Certaines citations risquent fort de vous parler si vous êtes, comme moi, un grand lecteur.

L'Ombre du Vent est une histoire magnifique, sublimée par la plume de l'auteur et la plupart de ses personnages. Je regrette juste que certains d'entre eux soient relégués au second plan alors qu'ils méritaient plus de développement.

jeudi 11 janvier 2018

La Prophétie des Andes

HISTOIRE

Le héros se rend au Pérou après avoir entendu parler d'un mystérieux Manuscrit qui expliquerait le sens de notre vie sur Terre.
Sur place, il rencontre plusieurs personnages qui vont lui expliquer les révélations pas à pas ; mais le gouvernement, hostile au Manuscrit et à son contenu, veille...


CRITIQUE

J'avoue, j'ai choisi ce livre par hasard, mais surtout pour le New Year Book Challenge. Et plus précisément pour la thématique de Janvier qui consiste à lire un livre d'un genre qu'on n'a pas l'habitude de lire.
Et je pense pas renouveler l'expérience du développement personnel durant un moment parce que je n'ai pas du tout apprécié cette lecture.

Le roman se centre sur un homme qui cherche à en apprendre davantage sur le Manuscrit, un texte qui, apparemment, nous apprend le sens de la vie au travers de neuf révélations. Durant son séjour au Pérou, notre protagoniste va peu à peu connaître les révélations et apprendre à les appliquer dans sa vie quotidienne...

Y a pas mal de points qui me chiffonnent dans l'histoire.
Premièrement, le Manuscrit en lui-même. On ne cesse de dire que son existence est top-secrète, que le gouvernement veut tout faire pour cacher son existence... Mais pratiquement tout le monde en a entendu parler ! C'est bien simple : le héros rencontre des gens qui ont soit entendu parler du Manuscrit, soit ont commencé à appliquer les révélations et/ou à les enseigner.
Déjà, ça part mal. Mais j'ai relevé une autre incohérence : si on tient tant à ce que peu de monde connaisse le Manuscrit, pourquoi ne pas carrément buter ceux et celles qui appliquent ses principes ? Pourquoi les garder en vie et se contenter de les laisser partir ? Forcément que les révélations seront transmises à d'autres si tu les laisses gambader dans la nature !!!

Et puis, on a cette scène incroyable dans une prison, qui, pour moi ressemble davantage à une colonie de vacances qu'à un véritable milieu carcéral. Les personnages ne souffrent pas, tant physiquement que moralement, sont très bien traités... Pour des gens qu'on veut à tout prix éloigner du Manuscrit, encore une fois, c'est illogique !

L'auteur tente de nous présenter une menace, tant pour le Manuscrit que pour ceux qui pratiquent son enseignement. Mais j'y ai pas cru : oui, on a bien des scènes de fusillade, dont une où le héros voit quelqu'un mourir sous ses yeux. Mais la scène, censée être dramatique, est noyée sous un délire pseudo-mystique où le gars n'a rien de mieux à foutre que de songer à l'univers et à la façon dont il a été créée !!! Seriously ?!
Bref, cette fameuse menace n'est jamais vraiment présentée comme étant "sérieuse", au point de mettre en danger la vie des personnages. Et je n'y ai pas cru une seconde.

Deuxièmement, les révélations présentées. Déjà, le schéma narratif est toujours le même : le héros rencontre A qui lui apprend une révélation et se met à l'appliquer. Chapitre suivant, il rencontre B qui lui apprend une autre révélation et l'applique, tout en se rappelant la révélation précédente. Puis, il rencontre C et rebelote.
Bref, c'est très répétitif ; et comme y a neuf révélations, bonjour l'ennui !

Ensuite, le contenu de ces révélations est loin d'être exceptionnel. C'est un mélange d'histoire, de psychologie, de religion... Des éléments qu'on a déjà croisé quelque part, pour peu qu'on s'intéresse à ces notions. En ce qui me concerne, y a pas de surprise ; j'avais déjà lu ce que James Redfield nous pond dans ce roman, tant par mes lectures personnelles que par mon parcours professionnel. Tu parles de soi-disantes "révélations" !

En plus, le héros les apprend un peu trop facilement. Encore une fois, se pose le problème de la facilité scénaristique. OK, tout le monde peut apprendre les révélations ; mais de manière aussi fastoche et par le premier venu, faut quand même pas exagérer ! Et, bien sûr, il les assimile aussi naturellement, comme s'il les avait appris toute sa vie. Bof...

Et puisqu'on parle du héros, je l'ai trouvé très con et très fade.
Très con parce qu'il met des plombes à comprendre les révélations alors que j'avais déjà compris les grandes lignes. Mais non, on nous assène les explications à coups de marteaux, pour être bien certains qu'on a parfaitement captés les messages transmis !

Et très fade, parce qu'il n'a aucune personnalité. Il se contente juste de suivre les autres, sans jamais remettre leurs paroles en question, ni leurs actes. Lui-même suit les protagonistes, sans se poser de question, et de parfaits inconnus qui plus est !

Quand aux autres personnages, aucun ne m'a inspiré de l'empathie. Ils vont et viennent et on n'a pas le temps d'approfondir leur personnalité et/ou leur passé. L'essentiel se tient dans leurs discours et ce qu'ils ont compris et appris des neuf révélations.

Il faut quand même reconnaître que le livre se lit facilement. Heureusement d'ailleurs, parce que, malgré ses 317 pages, j'ai trouvé ce livre très mauvais. Voilà encore un livre qui surfe sur le développement personnel, mais qui le fait de manière tellement maladroite que je n'ai jamais cru à l'histoire, ni aux messages qu'il véhicule.

La Prophétie des Andes se caractérise par ses incohérences énormes et son personnage principal débile et très fade. C'est pas demain la veille que je lirais la suite !

mercredi 10 janvier 2018

Le crime d'Halloween

HISTOIRE

Lors de la soirée d'Halloween, Joyce, une enfant, prétend avoir vu un meurtre des années auparavant. Personne ne la croit et la soirée continue sans autre incident.
Mais lorsque les organisatrices remettent de l'ordre dans la maison, le cadavre de la petite fille est retrouvé dans la bibliothèque.
Bouleversée, Mrs Oliver, l'une des invitée, décide d'appeler à l'aide un vieil ami : Hercule Poirot.

CRITIQUE

Après l'excellent Le crime de l'Orient-Express, je voulais absolument lire un autre titre d'Agatha Christie. Mon choix s'est porté sur celui-ci car le résumé me tentait bien.
Malheureusement, je ne suis pas très convaincue par ce crime d'Halloween.

On retrouve Hercule Poirot pour une nouvelle enquête, assez sordide :  le corps d'une fillette a été retrouvée, noyée, après une soirée d'Halloween réussie. Elle prétendait, quelques heures auparavant, avoir assisté à un meurtre.
Notre détective va tenter de percer le mystère autour du décès de la petite Joyce...

Je m'attendais à une enquête tout aussi palpitante que celle donnée au sein de l'Orient-Express. Il n'en n'est rien.
Premièrement, on n'est plus dans un huit-clos ; Poirot se balade librement d'une maison à l'autre pour interroger les gens et ainsi glaner les informations nécessaires. Et on se rend compte que, dans une communauté où tout le monde se connaît, tout le monde semble dissimuler un cadavre dans le placard...

Deuxièmement, les discours rapportés. Le bouquin ne fait que 255 pages, mais c'est comme si j'en avais lu le double. J'ai trouvé certains passages trèèèèèèès longs ; du coup, mon intérêt pour le livre s'est amenuisé. Certes, je voulais découvrir l'identité du coupable, mais finalement, j'accrochais si peu que j'avais hâte de le terminer pour passer à autre chose.

Ceci dit, Agatha Christie a encore une fois su me surprendre sur le meurtrier. J'étais partie sur autre chose et elle m'a mise devant le fait accompli ! Je suis contente d'avoir pu terminer cette lecture laborieuse sur une note positive.

Hercule Poirot est toujours aussi drôle et fouineur : rien ne vaut l'indiscrétion, là il ne faut pas pour trouver des éléments de réponses, même si à priori, rien ne sembler lier tout ce qu'on apprend.
En fait, y a pas grand chose qui se passe, mais tout l'intérêt des romans de l'auteure est de faire travailler nos neurones pour regrouper les éléments et trouver ainsi un fil conducteur qui nous mènera au tueur. C'est ce que j'aime le plus dans ses bouquins.

De plus, son style permet vraiment de s'immerger dans l'enquête et de suivre Poirot dans ses investigations. Malgré cela, comme écrit plus haut, j'ai trouvé certains passages tellement longs qu'ils ont sapé mon intérêt pour le livre. Ce qui est dommage car je m'attendais à quelque chose de plus palpitant par rapport au résumé.

Le crime d'Halloween est un policier sans prétention, mais incroyablement long malgré ses 255 pages. Je suis très moyennement convaincue, malgré le final surprenant et un Poirot toujours aussi malicieux.

mardi 9 janvier 2018

Chaque soir à 11 heures

HISTOIRE

Willa fait partie de ces filles qui se considèrent comme insignifiante. Pourtant, elle sort avec Iago, le garçon le plus populaire du lycée.
Lors d'une soirée organisée par sa meilleure amie, Fran, elle fait la connaissance d'Edern, un garçon mystérieux qui semble dissimuler un lourd secret.
Rapidement, les deux adolescents sympathisent et Willa va se rendre compte que la famille d'Erden vit dans une maison étrange, au passé mystérieux.

CRITIQUE

Je n'étais pas spécialement attiré par ce titre au départ, mais l'ayant choisi pour mon challenge ABC Jeunesse/Young Adult 2018, je l'ai emprunté.
Le résumé présageait une romance gnian-gnian, avec un énième triangle amoureux bien dégoulinant, comme je les déteste.
Et finalement, ce n'est pas du tout ce que j'ai trouvé à l'intérieur !

Willa, notre héroïne, sort avec Iago, un garçon très beau et, forcément, très courtisé par les filles. Sa rencontre avec Erden va chambouler son existence de plusieurs manières : sa façon de percevoir les autres, notamment, mais aussi des catastrophes très graves qu'elle va frôler à plusieurs reprises.

Là où je m'attendais à de la romance pure et dure, je me suis retrouvée avec un texte traitant de secrets de famille, d'une enquête et d'étranges accidents qui pourraient ne pas en être.
J'ai été conquise par ces points, non seulement bien amenés, mais aussi bien traités. L'ensemble est addictif, même si on trouve malgré tout une petite touche de romance.

Mais cette dernière prend finalement peu de place ; ce qui compte vraiment, c'est l'atmosphère assez étrange qui se dégage et l'ambiance de plus en plus pesante à mesure qu'on avance dans la lecture.
En effet, Willa va tenter d'en apprendre davantage sur Edern et sa famille, suite à sa première visite dans leur maison. L'intrigue se centre principalement sur cet étrange domaine et le passé familial qui s'y cache. Mais Willa doit aussi faire face à d'autres événements plus dramatiques, que je ne révélerais pas pour ne pas spoiler, apportant son lot de tension à l'intrigue.

Avec tous ces éléments, j'ai été transportée par l'histoire. Je ne me suis pas ennuyée, même durant les passages où la romance prenait le dessus. J'étais curieuse de connaître la suite, mais surtout de voir comment Malika Ferdjoukh allait conclure son récit. Et je suis très satisfaite de la fin ; le dernier élément m'a surprise car je n'avais pas pensé à ce qu'elle nous propose.

Côté personnages, j'ai adoré Willa, cette ado de 16 ans, assez mature pour son âge. Il faut dire qu'avec des parents comme les siens, difficile de faire autrement. Son père est l'éternel ado qui papillonne de fille en fille et sa mère, certes plus sérieuse, manque d'autorité.
J'ai particulièrement aimé sa façon d'être ; elle reste souvent calme et affronter les situations avec justesse, sans jamais apporter de conclusion hâtive (ou presque). Que ce soit dans ses rapports amoureux, ses découvertes sur Edern et son entourage ou encore les événements auxquels elle fait face ; elle est loin de l'ado neu-neu, avec ses discours mièvres et sans intérêt.

Concernant les garçons, si Iago m'a laissée indifférente, j'ai largement préféré Edern. Ce dernier semble dissimuler un passé lourd et mystérieux. Et, effectivement, plus on avance, plus on découvre qu'il garde pour lui pas mal de choses, sur sa famille, notamment. J'étais tout aussi intriguée que Willa, d'autant plus qu'étant la narratrice, on suit son développement au travers des yeux de la jeune fille.

Fran, sa meilleure amie, est assez attachante aussi. Pourtant, ça partait mal : c'est l'ado typique issue d'une famille aisée et peut se permettre les fêtes les plus extravagantes. Mais je l'ai trouvée aussi intéressante, et complémentaire par rapport à l'héroïne : déjà par rapport à leur statut social, mais aussi au niveau de leur personnalité. Si Willa est réservée, Fran est plus dévergondée.
Bref, elle est attachante et très intéressante à suivre.

Malika Ferdjoukh apporte une plume sympa, en présentant des personnages attachants, mais surtout en apportant une ambiance étrange, parfois glauque. Cela donne très envie de continuer la lecture et d'aller jusqu'au bout !

Chaque soir à 11 heures est une excellente surprise ! Je suis (presque) totalement conquise par cette découverte jeunesse. Les personnages sont intéressants et attachants, l'histoire est géniale et la romance ne prend pas trop de place.
Bref, sans doute LA découverte du mois de Janvier !

samedi 6 janvier 2018

Le crime de l'Orient-Express

HISTOIRE

Dans le cadre de son travail, Hercule Poirot embarque à bord du célèbre Orient-Express, en compagnie d'autres passagers. Mais ce que son ami M. Bouc, directeur de la compagnie des Wagons-lits, redoute se produit : un meurtre a été commis.
Mais, entre les suspects et les alibis, pas facile de s'y retrouver ! Poirot va tenter de démêler le vrai du faux pour démasquer le coupable.

CRITIQUE

J'avais déjà lu ce roman des années auparavant. Je voulais le relire suite à la sortie du film avec Johnny Depp, mais aussi pour le Challenge des Douze Thèmes, dont celui de Janvier consistait à lire un livre adapté au cinéma ou à la télévision.
Et ce fut un plaisir de retrouver la plume d'Agatha Christie et surtout Hercule Poirot !

Nous suivons donc notre détective belge qui doit repartir à Londres pour son travail. Il embarque donc à bord de l'Orient-Express, en compagnie notamment d'un vieil ami, M. Bouc.
Rapidement, le mauvais temps oblige les responsables à stopper le train. Et, comble de malheur, l'un des passagers, Ratchett, est assassiné. A qui profite le crime ? C'est ce que Poirot va tenter de découvrir...

Ce que j'ai aimé, c'est le huit-clos que propose Agatha Christie. En effet, quasiment toute l'intrigue se passe à bord de l'Orient-Express. Les trente/quarante premières pages se passent dans un hôtel et à bord des quais. A partir du moment où on découvre le corps de Ratchett, c'est parti pour un festival d'interrogatoires et de suspects potentiels.

Du coup, cela donne un jeu de piste très intéressant à suivre ; comme Poirot, on assiste aux interrogatoires des passagers et du personnel et, comme le détective, on se pose des questions et on relève les incohérences. Qui dit vrai ? Qui ment ?
J'ai adoré, pour reprendre l'expression favorite de Poirot faire "travailler mes petites cellules grises" et tenter de percer à jour le coupable.
Bon, comme il s'agissait d'une relecture, je me souvenais assez bien de son identité. Il faut dire que ça m'avait tellement marqué que cela m'est resté !
Ce n'est pas tant (re)connaître le tueur qui m'a poussée à relire ce livre. C'était surtout pour retrouver Hercule Poirot. Et j'avais oublié à quel point il peut être drôle !

J'ai beaucoup aimé ses réparties ; il n'hésite jamais à se montrer indiscret, là où la morale oblige à la discrétion absolue. Mais son sens de l'observation et ses déductions font toujours mouche. Jusqu'au final où il démontre, point par point, sa conclusion qui l'amène à désigner le meurtrier. Brillant !

Autre point dont je ne me souvenais plus, c'était la plume d'Agatha Christie. C'est frais, agréable et sans fioriture. On va à l'essentiel, mais, avec ce titre, elle offre un formidable jeu de piste, à huit-clos, permettant aussi au lecteur d'entrer dans l'enquête et tenter de percer le mystère.

J'ai aussi aimé la manière dont elle aborde la psyché humaine à travers les quelques personnalités présentes dans le train. Entre l'hystérique, la princesse maîtresse d'elle-même et sa fidèle femme de chambre, le débonnaire, etc., y a de quoi faire. C'est très vaste, mais qu'importe : cela permet de se faire une idée sur les personnalités de chacun et de voir qui avait intérêt à voir disparaître Ratchett.

Le crime de l'Orient-Express est un excellent policier, qui propose un très bon jeu de piste, à huit-clos. J'ai pris plaisir à redécouvrir ce titre, mais surtout la plume de l'auteure et son détective fétiche. J'en lirais d'autres rapidement !


vendredi 5 janvier 2018

L'ancre des rêves

HISTOIRE

Benoît, Guinoux, Lunaire et Samson sont quatre frères qui font des rêves étranges, mais très perturbants, ce qui les empêche de dormir. L'un d'entre eux décide d'enquêter sur les origines de ces rêves. Cela va le mener à déterrer de vieux secrets de famille.

CRITIQUE

J'ai acheté ce livre grâce à sa superbe couverture. Le résumé m'intriguait, ce qui m'a donnée encore plus envie de le lire. Et j'ai passé un agréable moment !

Nous suivons une fratrie, même si Gaëlle Nohant se centre surtout sur deux frères, qui fait des rêves très étranges depuis des semaines. Leur sommeil s'en trouve très perturbé, mais ne veulent rien dire à leurs parents. D'ailleurs, leur mère leur a toujours formulé une interdiction assez étrange : celle de ne jamais approcher de la mer.
Mais Lunaire, l'un de ses fils, décide d'enquêter, suite à un rêve particulièrement réaliste. Il va déterrer des secrets de famille qui vont chambouler bien des vies...

Ce que j'ai aimé dans l'intrigue, c'est le thème des secrets de famille, revisitée d'une façon originale et onirique.
Déjà, l'idée d'utiliser les rêves pour percer à jour les cadavres dans le placard est excellente. Je n'avais jamais lu quelque chose de similaire auparavant, et cela donne un côté fantastique à cette histoire, très ancrée dans notre époque.
Surtout que les descriptions fournies par l'auteure sont tellement vivantes qu'on s'immerge rapidement dans les rêves des garçons. Mais même dans le monde réel, on s'imagine sans problème les lieux.

Par contre, j'ai eu beaucoup de mal à suivre l'ensemble ; en effet, y a pas mal de personnages, pas mal de flashs-backs. Il faut garder constamment l'attention, au risque de s'y perdre. Cela a malheureusement été le cas en ce qui me concerne. Il a donc fallu que je relise plusieurs passages à plusieurs reprises pour bien comprendre tous les tenants et les aboutissants.

Après, le récit en lui-même est sympa à suivre. J'avoue avoir préféré les parties oniriques, mais j'ai aussi aimé le côté "enquête" de Lunaire, l'un des quatre garçons et ses découvertes. J'avais deviné certains éléments, mais d'autres m'ont surprise. Autant dire que je ne me suis pas ennuyée, d'autant plus que je tenais à connaître la fin. Cette dernière me satisfait pleinement. De toute façon, je ne vois pas quelle autre conclusion l'auteure aurait pu apporter à son livre.
Je regrette juste que Lunaire soit le seul qui prennent l'initiative d'en apprendre davantage sur ce qu'il apprend dans ses rêves. Mais aussi de garder les confidences pour lui ; j'aurais également aimé qu'il les partage avec au moins Benoît, l'aîné de la fratrie.

Je relève cependant un autre point faible : l'attachement aux personnages.
J'ai eu du mal à éprouver de la sympathie pour pas mal d'entre eux (Lunaire et Benoît, notamment). J'ai préféré Guinoux, le petit frère, assez fragile et peu confiant en ses capacités, ainsi que la mère. Cette dernière semble cacher un lourd passé. Déjà, l'interdiction de se rendre en mer est assez étrange, mais on finit par en comprendre les raisons.

J'ai bien aimé aussi les personnages secondaires que rencontre Lunaire. Ils vont tous apporter leur "soutien", en révélant des éléments de réponses, par rapport aux rêves de l'adolescent. J'ai eu, là aussi, plus d'attachement pour eux que pour la moitié de la fratrie.

J'ai apprécié aussi la plume. Gaëlle Nohant, descriptive à tel point qu'on s'imagine parfaitement les scènes dans notre tête, surtout celles des rêves. Mais je trouve qu'elle sait aussi instaurer une ambiance pesante, chargée de secrets. Cela donne un côté mystérieux au récit, ce qui fait qu'on a vraiment envie de connaître la suite une fois qu'on l'a commencé.

Ma première rencontre avec l'auteure est une bonne surprise : j'ai passé un bon moment, même si L'ancre des rêves ne tient pas toutes ses promesses. Mais ce roman m'a suffisamment convaincue pour me donner envie de lire son autre récit : La part des flammes.

mercredi 3 janvier 2018

Thérapie

HISTOIRE

Josy, la fille de l'éminent psychiatre Viktor Larenz a disparu. Quatre ans s'écoulent, et toujours aucune trace de la petite.
Un séjour sur une petite île va lui permettre de faire la connaissance d'Anna, une auteur de livres pour enfants, atteinte d'une schizophrénie très particulière : les personnages de ses romans prennent vie.
Et rapidement, Viktor fait le lien entre l'histoire d'Anna et la sienne. Dès lors, il n'a plus qu'une obsession : entendre la fin du récit.

CRITIQUE

J'ai acheté ce titre d'occasion par hasard, car le résumé me tentait bien. J'ai bien fait : ce fut mon premier Sebastian Fitzek et ce ne sera pas le dernier, car j'ai adoré !

Viktor Larenz n'a jamais pu remonter la pente depuis la disparition de son unique fille, Josy. Mais sa rencontre avec la mystérieuse Anna va le bouleverser : il est persuadé que son histoire contient des indices sur la disparition de sa fille.

L'histoire est le plus gros point fort du roman. On commence en douceur pour finir par quelque chose d'énorme !
En fait, durant ma lecture, j'étais partie sur un autre scénario : mais l'auteur a su me surprendre et m'entraîner sur une autre piste qui m'a laissée sans voix ! Je ne m'y attendais pas du tout ! J'en suis ressortie presque assommée, tant je n'en revenais pas de l'épilogue !

Le récit commence donc doucement et monde peu à peu dans l'angoisse, la tension, pour se terminer sur des révélations de malade !
Je ne me suis pas du tout ennuyée : c'est un vrai page-turner, qui vous pousse à tourner les pages, jusqu'à l'ultime dénouement.

Le style de l'auteur joue à merveille sur la tension, l'angoisse, la peur ; comme Viktor, on se pose beaucoup de questions. On partage ses doutes, ses questionnements, d'autant plus que toute l'intrigue ne se centre que sur lui. On reste donc constamment dans l'ignorance, ayant les révélations par petites touches.

On pourrait regretter la brièveté du récit (dans les 300 pages), mais finalement, ce n'est pas vraiment un défaut : inutile d'en rajouter, mais surtout, je ne vois pas ce que l'auteur aurait pu nous raconter de plus. Le contenu proposé est largement suffisant.

Bien qu'on suive Viktor et qu'on partage ses émotions et sentiments, j'ai pourtant eu du mal à m'attacher à lui. Le fait qu'il soit isolé du monde durant une partie de l'intrigue, son comportement vis-à-vis des autres... Je ne sais pas ; je n'ai eu d'atomes crochus avec lui.

Pareil pour les autres ; je n'ai pas ressenti de sentiment d'attache. Sans doute parce que, finalement, tout est centré sur l'intrigue, au détriment de la sympathie qu'on peut éprouver pour les protagonistes.

Comme je l'ai écrit, la plume de l'auteur est incisive ; on va à l'essentiel, sans fioritures et on passe un moment incroyable qui nous laisse pantois. Cela me donne très envie de découvrir ses autres romans !

Ma première rencontre avec Sebastian Fitzek est une réussite : l'histoire est prenante en plus d'être géniale et sa plume est très addictive ! Je regrette juste des personnages finalement peu attachants.

lundi 1 janvier 2018

Finisterrae, tome 1 : Tu garderas le secret

HISTOIRE

Kattell et ses frères doivent déménager, quitter Paris pour un village breton. Leur mère refuse de leur en expliquer la raison et ils devront faire face à un incroyable secret de famille qui va les plonger dans d'extraordinaires aventures.

CRITIQUE

Cela faisait un moment que ce titre me faisait de l’œil, grâce à sa couverture absolument sublime. Dommage que le contenu ne le soit pas autant ; je suis ressortie très mitigée.

Kattell est une adolescente de 15 ans, pure citadine qui doit quitter Paris pour se rendre dans un petit patelin paumé, avec sa mère et ses trois frères. Là, elle va apprendre la vérité sur les origines familiales et être plongée au cœur d'un complot qui pourrait la mettre en danger...

On va commencer par le gros point positif : l'aspect fantastique.
Ici, nous avons affaire à des druides, ce qui est rarement traité dans la littérature jeunesse. J'ai adoré les quelques éléments distillés dans ce domaine, dont certains qui intriguent et qui vont donner lieu à des questions qui restent en suspens.

L'auteure arrive à titiller notre curiosité, en nous offrant des brides d'éléments druidiques, mais pas suffisamment développés pour qu'on fasse vraiment le tour. Je pense que cet ouvrage peut donner des pistes pour découvrir le druidisme et donner envie aux jeunes d'en apprendre davantage. Si c'est l'objectif, pour ma part, il est réussi !

Mais le très gros souci, c'est que les éléments fantastiques sont noyés sous ces éléments : la facilité scénaristique, la romance hyper lourde et qui prend beaucoup de place et le peu de surprises que réserve l'intrigue.

Commençons par la facilité scénaristique. C'est un livre jeunesse et ça se ressent : tout est trop facile, on dirait que tout vient tout cuit dans le bec pour l'héroïne, alors qu'elle n'avait jamais entendu parler du druidisme auparavant.
Je pense notamment à l'apprentissage de la magie. Kattell doit en effet suivre un entraînement pour découvrir ses pouvoirs et l'élément auquel elle est rattachée. Cela aurait pu être l'un des éléments les plus intéressants de livre, mais l'auteure semble plus intéressée par d'autres éléments, comme la romance ou la menace persistante entourant nos personnages.
Résultat : l'apprentissage est bâclé. C'est très frustrant, car c'est que j'aime le plus dans les livres de ce style. Surtout dans les romans introductifs.

Idem concernant les révélations. On apprend rapidement que la famille de Kattell est issue d'une grande famille de druides et possède donc des facultés spéciales ; mais vu comment on l'annonce, on dirait qu'on vous le dit un peu comme quelqu'un qui vous raconte ses dernières vacances.
Et tout le monde accepte cette réalité comme si de rien n'était. Bien sûr : tu apprends du jour au lendemain que tu es issu d'une famille particulière et que tu possèdes potentiellement des pouvoirs et tu l'acceptes sans souci ! C'est censé être exceptionnel, mais c'est placé en mode "ouais, normal quoi". Désolée, mais ça ne passe pas.

Et puisqu'on parle de cette fameuse menace, ben, elle n'en n'est pas vraiment une pour moi. Je n'ai pas cru au méchant une seconde. Et vu comment tout est résolu facilement, il manque de charisme, mais aussi de présence qui pourrait provoquer un sentiment de peur/crainte chez le lecteur.

Le reste de l'histoire ne m'a pas autant séduite ; je me suis même ennuyée. J'ai même trouvé que certains moments étaient mal amenés, sans véritable émotion (ceux avec la mère notamment). Sans compter ceux que j'avais deviné très facilement (on se demande sérieusement comment l'héroïne n'a pas capté elle-même LE truc par rapport au druidisme). Heureusement que les éléments druidiques étaient présents, parce que sinon, je ne suis même pas sûre que j'aurais poursuivi le bouquin.

Autre élément que j'ai carrément détesté : la romance.
Kattell est l'exemple typique de l'ado qui, dès qu'elle voit le beau gosse, ne pense plus qu'à lui, au détriment de tout le reste. Et vas-y que je songe à lui, et qu'est-ce qu'il me manque, et voilà la bombasse que je déteste d'office car trop proche de mon copain et bien fichue, etc. Je n'avais qu'une envie : rentrer dans le bouquin et lui dire de la fermer, et de se centrer sur les choses importantes !!!

Alors certes, elle a 15 ans ; mais à presque 27 ans, je recherche autre chose de mes lectures que les pensées d'une midinette qui ne jure plus que par un mec, et qui en oublie le principal. Je ne supporte pas ce genre d’héroïne. Il va donc de soi que je ne me suis pas du tout attachée à elle.

J'ai préféré ses frangins, qu'elle surnomme affectueusement "le boy's band". Ils ont une véritable dynamique entre eux, même s'ils sont beaucoup plus en retrait par rapport à leur petite sœur. Mais ils restent finalement les personnages les plus intéressants du roman.

Quand au beau gosse, Tristan, je n'ai pas ressenti d'alchimie particulière. Il ne m'a pas fait rêver, même si son passé le rend déjà plus intéressant que sa partenaire.
Et je ne parlerais pas des autres ; là, j'en ai retenu aucun de spécial.

Ça se lit vite et bien, mais ça reste trop jeunesse pour moi ; comme je l'ai écrit, tout est survolé, alors que l'ensemble aurait tellement pu être plus intéressant et surtout travaillé.

Ce premier tome n'a pas remporté le succès chez moi ; histoire, personnages et univers ne sont pas aussi développés que ce que je pensais. Mais c'est surtout son côté "jeunesse" qui fait que cette lecture ne fut pas une réussite.